Mireille Blanc : “Rencontre avec une image”
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Mireille Blanc : “Rencontre avec une image” |
Lauréate du Prix international de peinture «Novembre à Vitry» 2016 avec son œuvre Figures (2016), Mireille Blanc invite au voyage par une plongée au cœur même des images. Le prix international de peinture « Novembre à Vitry » a été créé par la ville éponyme en 1969 dans le but de soutenir les jeunes peintres ou plasticiens de moins de 40 ans. Depuis un peu plus de 45 ans, il a récompensé 86 artistes. Les deux lauréats, Mireille Blanc et Sylvain Azam, exposeront en duo à partir du 21 mai 2017 et les œuvres récompensées intégreront la collection municipale Novembre à Vitry qui compte aujourd’hui plus d’une centaine d’œuvres. Mireille Blanc m’accueille dans son atelier. La déclinaison de fenêtres laisse la lumière illuminer cette grande pièce blanche où l’odeur de peinture fraîche me laisse imaginer que l’artiste peignait il y a quelques instants. Peux-tu me parler de ton parcours ? J’ai tout d’abord étudié trois ans aux Beaux-Arts de Nancy. Puis, j’ai été reçue aux Beaux-Arts de Paris et c’est là que j’ai commencé à vraiment travailler la peinture, dans l’atelier de Philippe Cognée. Diplômée en 2009, j’ai enchainé avec une première résidence d’artiste, à Triangle (Marseille).
Ma source première est l’image. Je travaille toujours à partir de photographies. C’est une rencontre avec une image ou un objet que je vais retravailler longuement avec des logiciels du type Photoshop. J’épuise mon «image-source» en quelque sorte. Et enfin, avant l’étape du pinceau, il y a celle de l’esquisse au fusain.
Mon premier atelier était à Marseille dans le cadre d’une résidence (Triangle). Mon premier atelier personnel était à Paris, dans le 13e arrondissement à deux pas de la Place d’Italie. Depuis un an, j’ai un nouvel atelier, dont la surface est beaucoup plus grande, et c’est vraiment appréciable. Peux-tu me décrire ta journée type ? Dans l’idéal, j’ai besoin de beaucoup de temps pour travailler. Je ne peux pas peindre si mon temps est limité. Le mieux pour moi est de débuter mon travail dès le matin, très tôt, et d’y consacrer la journée entière. Pour les petits et les moyens formats, une journée suffit en général. C’est un temps très dense de peinture. Dans le cas des grands formats, comme celui qui est accroché ici au mur, il faut y revenir plusieurs fois. Pourquoi as-tu choisi ce métier ? Je viens d’une famille où il n’y avait pas, à proprement parler, d’artistes. Mais j’ai beaucoup dessiné enfant, avec mon père. J’adorai ça sans savoir que cela me mènerait à quelque chose un jour. J’ai tenté le concours des Beaux-Arts de Nancy en 2002, que j’ai obtenu. Mais même au début de mes études je ne me projetais pas en tant que peintre. C’est en arrivant aux Beaux-Arts de Paris, en 2005, que je me suis consacrée presque exclusivement à la peinture, dont le champ d’expérimentation me paraissait infini. Elle s’est en quelque sorte imposée. Quelles sont tes expériences les plus marquantes ? Je pense que ce sont les périodes de résidence. Elles sont des parenthèses entièrement dédiées à la peinture où je m’y consacre totalement. Marseille en 2010, un mois au Centre d’art LKV en Norvège en 2012, Chamalot en 2013. En fait, elles ponctuent mon parcours. Il y a aussi ce moment important à chaque fois que j’investis un nouvel atelier. Investir un nouvel atelier représente un moment important à chaque fois car je le ressens comme un nouveau départ.
Je travaille avec plusieurs galeries. Récemment, à l’occasion de la Foire d’art contemporain d’Istanbul, j’ai été exposée par la galerie The Pill. Mon travail a été présenté lors d’expositions personnelles à la galerie Dominique Fiat en 2014 (Reconstitutions) ou à la galerie Eric Mircher en 2012 (Présents). Mes prochaines expositions seront collectives et auront lieu à Paris. Quels sont tes enjeux personnels ? Hier, j’écoutais une émission dans laquelle j’ai entendu ces mots de Beckett : «Ratez encore, rater mieux». Il est difficile de sortir une nouvelle peinture, de ne pas se répéter… Il faut se surprendre et remettre en question son travail en permanence. Expositions à venir – J’ai des doutes. Est-ce que vous en avez ? group show. Commissariat de Julie Crenn, Galerie Claire Gastaud, Clermont Ferrand, décembre 2016 – janvier 2017 – Arrière-Mondes, Mireille Blanc, Emmanuelle Castellan, Florence Reymond, Galerie Odile Ouizeman, Paris, février 2017 (10 ans Chamalot, résidence d’artistes) – Objets à réaction, Sur une invitation de Maude Maris à Mireille Blanc et Colombe Marcasiano Galerie Isabelle Gounod, Paris, février 2017 (10 ans Chamalot, résidence d’artistes) Propos recueillis par Alexia Yon [Crédits Photo 1 : © Mireille Blanc / Photo 2 : Mireille Blanc, Figures © Mireille Blanc / Photo 3 : Mireille Blanc, Aussière © Mireille Blanc / Photo 4 : © Mireille Blanc] |
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