0 Shares 3275 Views

    “Pas essentiel” : le message XXL de Rero sur le façade du CENTQUATRE-PARIS

    25 février 2021
    3275 Vues

    © Quentin Chevrier

    Une fresque au format XXL pour dénoncer l’absurdité de la situation réservée à l’art et à la culture depuis près d’un an d’une étrange période, le CENTQUATRE-PARIS comme tous les lieux culturels sont de nouveau fermés depuis fin octobre et jusqu’à nouvel ordre. 

    Tout au long de cette période les équipes du CENTQUATRE et les artistes n’ont jamais cessé de travailler pour permettre à la création de continuer d’exister et au public de la rencontrer. C’est dans ce contexte que l’artiste Rero a souhaité investir la façade du CENTQUATRE afin d’y apposer son lettrage en police Verdana, noir et blanc où il reprend la formule tant entendue ces derniers mois : “PAS ESSENTIEL”. À travers un jeu d’obstruction des fenêtres qui vient créer une véritable frontière physique, Rero cherche ainsi à cacher ce que l’on nous empêche de consommer de manière collective : l’art et la culture.

    Né en 1983, Rero s’est imposé depuis plus d’une décennie comme l’un des street artistes les plus importants de la scène française et internationale. Fortement imprégné de philosophie et de sociologie, son travail ne cesse d’interroger les codes de notre société, notamment autour des notions de consommation et d’obsolescence. Des thèmes d’une brûlante actualité. Pour lui :

    “Même si c’est dans la douleur, la pandémie est une opportunité unique de se poser clairement la question de ce qui est essentiel dans la vie. C’est un vaste débat, une guerre d’opinions. Je voulais donc exposer la mienne, et le CENTQUATRE-PARIS était le parfait endroit pour l’exprimer. Ce n’est pas un musée du passé, c’est un lieu multiculturel totalement dans son époque, basé sur un l’échange, la création… Même s’il n’est pas question de remettre en cause les mesures sanitaires, il y a une forme d’injustice à voir aujourd’hui les établissements culturels toujours fermés. L’échange est un besoin primaire pour l’homme…”

    José Manuel Gonçalvès, le directeur du CENTQUATRE-PARIS qui a commandé l’œuvre, est clairement du même avis :

    Notre situation est évidemment compliquée, et nous avons voulu la traduire par un geste artistique qui barre ce mot terrible qui nous étouffe depuis des mois. Nous étions déjà avec Rero en préparation d’un projet sous la grande nef. Sans l’abandonner pour autant, la situation nous a fait diverger vers autre chose. Nous avons réfléchi à un acte plus frontal, adressé au public plus qu’aux politiques. Un message un peu triste pour leur dire que nous sommes aujourd’hui réduits à ce mot qui nous désole. Mais qui ne nous empêche pas de rester actif : le CENTQUATRE-PARIS est le plus grand centre de vaccination de Paris, nous accueillons chaque jours des dizaines de personnes âgées !”

    L’œuvre est visible depuis ce mercredi 24 février devant le CENTQUATRE-PARIS, au 104 rue d’Aubervilliers.

    En ce moment

    Articles liés

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête
    Agenda
    115 vues

    Aurélie Van Den Daele met en scène “La Cerisaie” de Tchekhov à La Tempête

    Le rêve de jouer “La Cerisaie” au printemps et de s’inscrire dans le paysage, c’est le défi qu’Aurélie Van Den Daele, fidèle de la Cartoucherie, a décidé de relever en plongeant dans la dernière pièce de Tchekhov publiée en...

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin
    Agenda
    102 vues

    Retrouvez l’édition 2026 du festival Le Court en dit long de retour au CWB du 1er au 5 juin

    Pour sa 34e édition, le festival Le Court en dit long propose une sélection de 41 courts métrages belges francophones récents et inédits, répartis en sept programmes thématiques : La vie d’artiste – Et l’amour dans tout ça ?...

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset
    Spectacle
    230 vues

    “Lorenzaccio” : une ode flamboyante à la vigilance, signée Sand et Musset

    Au Théâtre du Nord, le directeur David Bobée adapte et met en scène de manière magistrale la pièce monstre qu’Alfred de Musset avait composée, à partir du récit historique de George Sand, sur les conspirations des Médicis à Florence...