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    Premiers témoignages sur le site archéologique libanais “Baalbeck”

    Fabienne Touma 6 décembre 2022
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    Temple de Baalbeck © Beaux-arts de Paris

    Depuis le 19 octobre dernier, les Beaux-Arts de Paris proposent un voyage au Liban, plus précisément à Baalbeck, le site archéologique romain et mythique du Levant. Ce voyage est proposé par deux jeunes architectes, pensionnaires de l’Académie de France à Rome au XIXe siècle. L’exposition est à découvrir jusqu’au 15 janvier 2023.

    Baalbeck, site emblématique du nord-est du Liban, précédemment appelé Héliopolis, attire depuis toujours les scientifiques, archéologues et artistes. C’est le cas de deux jeunes architectes, Achille Joyau et Gaston Redon, qui furent pensionnaires de l’Académie de France à Rome au XIXe siècle. Les deux architectes proposent, avec 20 ans d’écart, une restauration de ces temples, dans le cadre de leurs envois. Les chefs-d’œuvre légendaires des deux architectes, qui témoignent de l’état actuel du site et de leurs voyages respectifs, incluant leur plan de restauration, sont conservés dans les fonds des Beaux-Arts de Paris et exposés dans le cabinets des dessins jusqu’au 15 janvier 2023.

    Temple Héliopolis, état actuel façade principale (1831-1987) – Joyau

    Le premier à s’aventurer à Baalbeck est Achille Joyau en 1865 suite à un bref passage en 1863. Son carnet de voyage comporte 17 feuilles et une toile qui permettent de retracer les étapes de son travail, sa compréhension du site et la restauration inachevée qu’il propose. Parmi ces dessins se trouve, entre autres, un plan général des temples, qui devient une source précieuse pour les archéologues, mais aussi trois aquarelles et une toile réalisées à son retour en France, conçues plutôt pour séduire un public curieux et soucieux de découvrir la beauté du site.

    Temple Héliopolis, état actuel façade latérale sud (1831-1987) – Joyau. 

    Achille Joyau relève donc avec exactitude chaque élément architectural rendant compte de l’état des bâtiments tout en mettant en valeur la beauté des lieux et l’environnement aride qui entoure le site. Il y intègre même, dans l’une des peintures à l’aquarelle, des personnages en tenue traditionnelle pour animer le site. Concernant sa reconstitution, il se penche sur les quatre côtés du temple de Vénus en s’appuyant sur l’ornementation encore en place, mettant au jour l’aspect grandiose et magnifique du temple.

    Vingt ans plus tard, un autre pensionnaire de l’Académie de France à Rome, Gaston Redon, s’intéresse au site archéologique de Baalbeck et quitte Rome pour entreprendre son voyage. Contrairement à Achille Joyau qui passa par l’Égypte pour remonter jusqu’au Liban, Gaston Redon passe plutôt par Smyrne (en Turquie) depuis Athènes, donc par le nord de la Méditerranée pour rejoindre directement Beyrouth. Pendant cinq mois “tout seul, étudiant, travaillant” pour reprendre les mots de Gaston Redon, il entame ses études et son travail pour son envoi de 4e année à l’Académie de France à Rome.
    Son voyage se poursuit en suivant presque le même parcours que son prédécesseur mais à l’inverse, en finissant par l’Égypte, avec un dernier arrêt à Constantinople avant de rejoindre Rome par Athènes.

    Reconstitution de Redon

    Nourri par ce voyage, qu’il qualifie d’étonnant, ainsi que par les diverses publications sur le sujet consultées à la bibliothèque de la Villa de Médicis et par les œuvres de Joyau, Redon va livrer un ensemble de neuf dessins, dont six sur le plan et l’état des bâtiments et trois sur sa proposition de restitution, qui seront la preuve de la grande imagination de l’architecte. Sa reconstitution, conforme aux vestiges, est bien à l’image de ce que devait être le sanctuaire mais pas sa lecture des temples, puisqu’il dédie le grand temple à Apollon et le petit à Jupiter alors que c’est le contraire.

    Plan de Redon

    Que ce soient le travail et le voyage d’Achille Joyau ou ceux de Gaston Redon, ces chefs-d’œuvre exécutés avec une grande qualité graphique, sont des témoignages uniques sur le site qui ne connait ses premières fouilles archéologiques qu’en 1898.

    Fabienne Touma

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