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Rencontre avec Rahul Mitra

19 octobre 2017
2367 Vues
Rahul Mitra

www.rahulmitra.com

Exposition You See Everything Around me, Except me

Œuvres de Rahul Mitra

Du 3 au 25 novembre 2017

Vernissage le 3 novembre de 18h à 22h

Art&Craft
32 Boulevard du Général d’Armée Jean Simon
75013 Paris
M° Bibliothèque François-Mitterrand

galerie-artandcraft.com

Rahul Mitra est un artiste indien installé aux Etats-Unis à Houston depuis trente ans. Mitra utilise la langue visuelle tirée de la rue pour interpréter des dialogues socio-politiques explorant la pauvreté, l’ennui, la coutume, l’amour, l’étrangeté, la technologie et la linguistique comme des moments de vie dans les espaces urbains. Rencontre.

Vous êtes né en Inde puis vous avez emménagé à Houston (USA), comment ces différents pays ont influencé votre démarche artistique?

Avoir grandi en Inde et vivre à présent à Houston est une expérience unique pour moi en terme d’art et de vie. Ma pratique artistique est basée principalement sur mes expériences personnelles de mon enfance à maintenant, elle traite de problématiques personnelles, sociales et politiques. Il me semble que ce sont des sujets d’ordre mondial à présent. Être à Houston, avec presque toutes les cultures du monde représentées ici, c’est excitant et cela se reflète dans mon art.

Death of a cryptographer

test légende

Pouvez-vous nous parler des principaux sujets que vous traitez dans votre travail ?Mon travail est une interprétation personnelle de comment je (ou n’importe qui) interagis avec la société, d’une manière qui m’est propre, de comment je vois et documente l’histoire contemporaine que nous construisons. Mon travail porte aussi sur mes expériences personnelles sur l’identité, le déplacement, et sur ce que c’est que vivre dans plusieurs cultures.

Pourquoi peignez-vous des personnages sans visage, quel est votre rapport à l’identité ?

Les images représentant des personnes sans visage, c’est parce que je ne veux pas créer un biais qui permettrait à une personne en particulier d’être affectée. Les problématiques abordées dans mon travail peuvent arriver à n’importe qui, n’importe où, d’où l’absence de visage. Les personnes que je peins s’identifient aux problèmes qu’elles doivent gérer.

The biographerPeut-on trouver un peu de votre moi intérieur et de vos ressentis dans votre travail ?

La majorité de mon travail s’appuie sur mes expériences. Si vous regardez attentivement, vous pouvez me trouver, mais seriez-vous capable de me voir ou verriez-vous tout autour de moi, sauf moi ? 🙂 (« You see everything around me, except me ? », le titre de l’exposition).

Parlez-nous de « Box City Project ». Comment cela a commencé et quel été son procédé ?

Box City est un projet artistique social que j’ai commencé en Inde avec l’intention de rassembler un groupe de personnes, de travailler collectivement avec elles et de produire un travail qui reflète leur créativité et qui crée des interactions. Après avoir pensé à différentes idées, je me suis mis à utiliser des boîtes de cartons usées, qui semblaient être disponibles partout. Le premier projet que j’ai fait était dans un bidonville en Inde. Lorsque je me suis rendu sur place avec ma peinture et mes boîtes cartonnées, ce sont les enfants, qui n’avaient jamais fait d’art, qui ont assemblé les boîtes. J’ai travaillé avec une trentaine d’enfants, nous avons installé les boîtes en pile de sorte qu’elles reflètent leur propre bidonville. Après ça, j’ai travaillé avec plus de 300 personnes et artistes dans 6 pays, dont un projet à Beaubourg.

Parlez-nous de votre travail d’atelier. Comment savez-vous ce que vous allez créer ?

Mon travail repose sur la recherche de cultures à travers le monde. Je dors moins que la plupart des gens et quand je ne dors pas, je regarde les actualités, les gros titres et ce qui est important pour nous. En général pour une exposition, je fais environ 6-8 mois de recherches. Je sais vaguement ce que je voudrais créer, mais quand je commence, c’est comme écrire avec mon propre vocabulaire pictural.

You see everything around me except meCe n’est pas la première fois que vous venez à Paris, pouvez-vous nous dire ce qu’est pour vous
d’être dans cette ville ?

Oui. Ce n’est pas ma première fois à Paris. Grâce à mes amis qui sont artistes, j’ai expérimenté un Paris diffèrent. Il y a quelque chose d’existentiellement fantastique à Paris. Pour moi, c’est une ville pour les artistes et toutes les personnes créatives. Il y a une certaine énergie ici que je décrirais comme une combinaison de personnes, d’amis, de choses, de nourriture, d’art, d’histoire et de culture.

Que pouvez-vous nous dire sur votre prochaine exposition et votre première exposition indivi-
duelle à Paris, à la galerie Art&Craft ?

Je travaille en ce moment sur des expositions qui auront lieu aux États-Unis, en Colombie, au Brésil et en Inde les deux prochaines années. Ce travail est en cours de développement. Je suis absolument ravi pour ma première exposition personnelle à Paris à la galerie Art&Craft. Je suis heureux que mon ami Romain (Froquet) ait montré mon travail à Vincent (Tiercin – directeur de la galerie) et que Vincent ait aimé mon travail. Je suis impatient de voir mon exposition et d’avoir des conversations intéressantes autour d’un bon verre de vin…

Un dernier mot ?

Je voudrais vous remercier : Estelle Domergue, Vincent Tiercin, Romain Froquet et tous mes amis de Paris (la liste est longue) qui m’accueillent et me font me sentir comme à la maison. C’est vraiment un honneur !
J’invite toute personne intéressée par mon travail à jeter un œil sur mon site www.rahulmitra.com ou à simplement rechercher mon travail sur Internet.

Estelle Domergue

[Crédits visules : © Rahul Mitra ]

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