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    Rencontre avec Florent Chavouet autour de sa nouvelle BD : “Touiller le Miso”

    Hélène de Montalembert 12 décembre 2020
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    © Florent Chavouet

    Amoureux du Japon depuis plus de dix ans, Florent Chavouet attise les curiosités et l’envie de voyager avec sa nouvelle bande dessinée, Touiller le Miso, à travers laquelle il nous fait découvrir les Kaku-Uchis, ces petits bars japonais, ainsi que la culture du saké.

    Comment ont évolué esthétiquement et narrativement tes carnets de voyage depuis le premier Tokyo Sanpo jusqu’à ton dernier livre Touiller le Miso ?

    Globalement, je construis toujours de la même façon mes pages, j’ai toujours mes crayons de couleurs mais maintenant j’ajoute des fonds à l’encre parce que ça couvre plus. Après c’est selon le sujet, si j’ai une anecdote à raconter je fais une petite BD très séquencée, si j’ai juste envie de dessiner un décor, je le fais plein page.
    Le premier, Tokyo Sanpo, est né à l’improviste, je l’ai fait sans savoir que j’allais être publié, je dessinais mon quotidien sans thématique particulière. Pour le deuxième, Manabe Shima, j’avais vraiment envie de faire un livre sur la campagne japonaise et comme cette fois-ci je savais que j’allais être lu, la narration y est plus présente. Je dirais qu’il y a comme une boucle puisque Touiller le Miso se rapproche davantage du premier.

    © Florent Chavouet

    Justement, Touiller le Miso est rempli d’haïkus poétiques et humoristiques. Est-ce que construire ton livre autour de ces poèmes japonais a influencé les images qu’il comporte ?

    Oui, les haïkus je les ai écrits sur place pendant le voyage, alors qu’une bonne partie des dessins je les ai réalisés en France, d’après souvenirs, photos ou documentation. Au départ, j’avais pour projet de parler des Kaku-Uchis – ces fameux petits bars – et plus globalement du saké, mais j’ai vite compris que ça allait être compliqué de faire quelque chose de concret. Comme le voyage était assez bordélique et improvisé, je me suis mis à faire des haïkus comme une structure quotidienne, un petit rituel.

    Dans tes carnets, tu dessines souvent des petites anecdotes de vie comme ta collection de coquillages. Est-ce une volonté inhérente au format du carnet de voyage ou des envies spontanées pour inviter le lecteur dans ton quotidien ?

    L’idée c’est plus de raconter mon quotidien au jour le jour, un peu comme des instantanés. Il y aussi le fait que je ne me lasse pas du Japon, je suis toujours émerveillé par ce pays et donc peut-être plus alerte aux petits détails qui sont motifs à dessin et narration. Ce sont des carnets de voyage mais de manière générale je ne me sens pas rattaché à ce registre-là.

    © Florent Chavouet

    Tu ne dessines pratiquement qu’avec des crayons de couleurs, pourquoi cette technique ? qu’est-ce qui te plait dans ce matériel ?

    Les crayons de couleurs ça remonte à mon premier livre Tokyo Sanpo, c’était vraiment un outil pratique pour dessiner dans la rue. Je trouve que c’est assez tout terrain, pas fragile, il n’y a pas besoin d’eau et puis ce n’est pas cher. J’ai aussi découvert, en les utilisant, que c’était un outil très souple, beaucoup plus que ce qu’on pourrait imaginer au départ, les couleurs se mélangent aussi bien qu’avec la peinture.

    Est-ce qu’on écrit mieux des haïkus quand on a bu beaucoup de saké ?

    Oui ! Ça vient mieux, grâce au saké mais aussi grâce au contexte festif qui crée des moments conviviaux, même si j’étais entouré de japonais et que je ne comprenais pas tout. Ça correspond souvent à un moment sympa !

    © Florent Chavouet

    Les cinq choses qu’il faut absolument faire quand on est Florent Chavouet et qu’on part au Japon ?

    Tout d’abord, on quitte l’aéroport pour aller à la campagne, peu importe la ville. En général, il y a des petits bouis-bouis autour de la gare donc on s’y pose pour manger, on demande où l’on peut trouver un vélo puis on part à l’aventure !

    Quels sont les prochains projets que tu aimerais réaliser ?

    J’en avais beaucoup de prévu pour l’été 2020 mais j’espère que ça sera faisable pour 2021. J’aimerais encore repartir au Japon et retourner dans la région de Manabe Shima. Cette fois-ci j’aimerais voyager d’île en île en kayak et faire un bouquin là-dessus. Dans la même démarche, je voudrais faire le tour de Taïwan à vélo. J’ai aussi plusieurs embryons d’idées de fictions mais rien de très concret pour l’instant.

    © Florent Chavouet

    Pour continuer le voyage, retrouvez Florent Chavouet sur son blog ainsi que sur son compte Instagram !

    Propos recueillis par Hélène de Montalembert

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