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Romain Froquet

28 juin 2017
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Romain Froquet

www.romainfroquet.fr

Sacha Berthelemy Petremann, 14 ans et passionnée d’art urbain, s’est prêtée au jeu de l’interview et a rencontré Romain Froquet, street artiste français, lors d’une visite d’ateliers d’artistes.

Présentation : Romain Froquet est un artiste difficile à qualifier mais… si tu plonges dans l’œuvre, sans te préoccuper de ce qu’il y a autour, tu peux y voir ce que tu veux. Que découvriras-tu ?

Anecdote : Romain ouvrait les portes de son atelier avec Paris Face Cachée. C’est un événement pour lequel tu t’inscris sans savoir vraiment ce que tu vas faire, quel endroit, quelle personne tu vas découvrir. Maman et moi sommes allées à son atelier sans savoir qui on allait rencontrer parce que le site d’inscription le présentait en quelques mots, sans préciser son nom. C’était super, on a rencontré un nouvel artiste : c’est comme ça que l’on a découvert Romain.

Romain Froquet 1

Mon œuvre préférée : Cette œuvre de Romain Froquet est en acier oxydé et me plaît parce qu’en procédant ainsi, il a, pour moi, stoppé la rouille, arrêté le temps. Et puis, en suivant lignes et pointillés, j’aime dérouler le fil de cette histoire.

Celle de Romain Froquet : Lignes courbes, couleurs rosées, délicatesse du mouvement, sensualité évoquée ; Valentine illustre l’esprit de la féminité. Inspiré par la comédie de Molière Les femmes savantes dont les fragments d’un article journalistique apparaissent sur la toile, évoque l’importance des valeurs que la femme véhicule au sein de notre société et souligne la place majeure qu’elle y occupe. Valentine a été créée dans le cadre de l’exposition Lunaire, astre emblématique et fort symbole féminin, qui illumine la terre dans l’obscurité. Elle nous est indispensable, tout comme la femme.

Romain Froquet 2

Interview :

Qualifierais-tu ton art d’abstrait ou de figuratif ? Ou un travail dans l’abstraction nourri d’éléments figuratifs ?

Je le vois comme de l’abstraction pure et dure, mais on peut y retrouver des masques, des symboles… Tu sais, c’est un travail autour de la spontanéité, du lâcher prise, d’où les lignes qui partent dans tous les sens.


Quand je regarde tes œuvres, je vois du Pop’art et de l’art africain … Comment expliques-tu cela ?

Je n’en sais strictement rien. C’est un hasard. Mais en même temps, quand j’analyse mon travail, et il me faut toujours du temps pour cela, dans l’art africain, je vois beaucoup d’esthétisme, l’art ethnique en général me parle, j’y vois des références, un vrai rapport à la terre, des divinités, quelque chose de très spirituel et tout cela m’inspire beaucoup. Et puis, je suis aussi beaucoup inspiré par le Manga, le pop’art avec lequel j’ai grandi. L’art urbain aussi… Et je prends beaucoup dans ce qui m’entoure, je suis curieux. L’homme l’est en général, nous descendons du singe, le mimétisme est dans nos gênes.

Les vieux papiers, les vieux journaux sont très présents dans tes œuvres, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

C’est comme des points de repère dans la vie. Nous en avons besoin pour savoir qui on est, d’où l’on vient et c’est en ce sens que je construis mes œuvres. Une page de journal, ça a une date, ça raconte une histoire, elle laisse un message sur ma toile.

Cherches-tu à montrer autre chose que des arbres ?

Moi, je ne considère pas que je ne fais que des arbres. Travailler sur quelque chose qui existe m’intéresse moyennement. Je préfère parler des choses qui n’existent pas et qui se révèlent. A force de travail (tu sais, un trait, on le dessine, et le dessine, encore et encore), je me suis rendu compte que ma ligne était végétale. Parfois, tout en restant abstraite, ma ligne représente un arbre. Et puis, il y a toujours des morceaux de masque que tu peux peut-être voir au-delà des arbres.

C’est un peu comme le jeu des nuages ?

C’est ce que j’aime. C’est génial, tu peux chercher des heures, ne pas trouver, et d’un seul coup, une image se révèle à toi et tu ne peux plus t’en détacher. Tu sais, tu vois un éléphant et là, on peut te dire n’importe quoi, toi, l’éléphant tu le vois et ne vois plus que lui.

Te considères-tu comme un street-artiste ?

Ni comme un street-artiste, ni comme un muraliste, ni comme un artiste de galerie, à la rigueur un artiste. Les étiquettes sont toujours difficiles à porter car nous sommes tous uniques, toi, moi, celui qui prend son café à côté de toi. Un artiste cherche la liberté d’expression, ça dépasse les étiquettes. C’est déjà la première liberté de l’artiste, celle de savoir où il veut qu’on le mette. On pourrait en débattre pendant longtemps car c’est presque une question philosophique : on a tous besoin de ranger les gens dans des cases. Je réfléchis. Pour moi, chaque décision que l’on prend, à chaque instant, c’est pour tendre vers la liberté. C’est très vrai quand tu t’exprimes sur une toile.

La Question de Gabrielle, ma petite sœur : pourquoi choisis-tu ces couleurs ?

Mes couleurs sont des couleurs de terre, les ocres par exemple. Ce sont mes influences ethniques. Pourtant, si tu me demandes si j’ai une palette de prédilection, je te répondrai « noir, rouge et blanc ». Tu sais, dans l’histoire, ce sont par exemple les couleurs des affiches de propagande russe, c’est toujours lisible, équilibré, impactant, ça se voit ! Le jaune pour moi, c’est le peps, le soleil, mais c’est très dur à travailler. Le vert est plus compliqué en peinture. Tu vois ça dépend de ce que je veux exprimer. Quand tu crées, tu fais une balance et tu utilises les couleurs en fonction de ce que tu veux raconter. Mais c’est à l’instinct. J’aime bien me laisser guider par le moment, me laisser aller, ne pas me fermer.

Sacha Berthelemy Petremann

[Crédits photos © DR – Romain Froquet]

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