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Kenzo Takada

28 juin 2011
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Kenzo Takada

Né en 1939 à Himeji (Japon), Kenzo Takada fait des études de langue à l’université de Kobe. Mais c’est la mode qui l’intéresse depuis son enfance, quand il lisait les magazines de ses sœurs. Lorsqu’il apprend que le Tokyo’s Bunka Fashion College s’ouvre aux étudiants masculins, Kenzo Takada s’y inscrit immédiatement, malgré les protestations de sa famille. Après avoir obtenu son diplôme, Kenzo s’installe à Paris en 1964 et tente de se faire une place et un nom dans le monde de la mode : en assistant aux défilés, il commence à se constituer un carnet d’adresse et parvient à vendre des croquis à Jacques Delahaye, conseiller artistique chez Elle.

L’année 1970 constitue un véritable tournant pour Kenzo Takada : il organise son premier défilé de mode à la Galerie Vivienne et ouvre sa premmière boutique, initialement nommée « Jungle Jap ». Face au succès, la maison Kenzo crée en 1983 une collection homme, puis une ligne enfant et un département parfums. La marque rejoint le groupe de luxe LVMH en 1993 avant que Kenzo Takada ne prenne sa retraite en 1999 après trente années de carrière.

Antonio Marras prend ensuite la tête de la maison en 2003 et continue de respecter les valeurs insufflées par Kenzo : un certain nomadisme de l’esprit et des influences venues des quatre coins du monde, mêlés à un profond enracinement à ses racines : Antonio Marras vit et travaille dans sa maison familiale en Sardaigne. Kenzo fonctionnait de la même manière tant au travers de ses créations (du coton et des coupes « kimono » mariés à une richesse de couleurs et d’imprimés de tous horizons) que par son mode de vie : dans sa maison parisienne, Kenzo avait créé plusieurs jardins japonais et une pièce réservée à la cérémonie du thé, en souvenir de ses origines. Mais il abritait également une gigantesque collection d’objets d’art et de civilisations, qui passionnent le « citoyen du monde » qu’est Kenzo Takada.

En 2009, Kenzo décide de changer de cap et vend tout, maison et collection. L’annonce de la vente de ces merveilles a fortement retenti dans le monde de l’art, puisqu’un grand nombre de pièces a sa place dans des musées. Parmi les objets les plus exceptionnels, on trouve de rares représentations bouddhiques et d’autres pièces d’art sacré asiatique, mais également des objets archéologiques japonais. Les civilisations américaines, africaines et océaniennes sont aussi représentées : par cette incroyable collection, Kenzo a révélé sa passion pour les civilisations et les arts premiers, mais aussi sa créativité artistique, avec la vente de bibelots en cristal qu’il a imaginé pour Baccarat. Le créateur se consacre aujourd’hui à la peinture et au dessin, tout en songeant à apprendre l’art de la calligraphie. Il a exposé à Paris en 2010 plusieurs de ses toiles.

A plusieurs reprises, la maison Kenzo a voulu témoigner de cet attachement du créateur au monde de l’art en général. Ainsi en 2002, Kenzo a collaboré avec l’artiste Patrick Corillon en réalisant une installation éphémère : plus de 180’000 coquelicots ont été plantés à Paris, notamment devant le Centre Pompidou, lieu symbolique pour l’art contemporain. La maison Kenzo s’est même associée à l’artiste-designer Serge Mansau pour la réalisation de la bouteille du parfum Flower Tag, dessinée à la manière du « street art ». Kenzo est lui aussi spécialisé dans le design avec sa marque Takada, ce qui montre une fois de plus les fortes relations qui lient la mode et l’art.

Macha Paquis

  • « Je fais ce que j’aime faire, je redémarre comme au premier jour. »

  • « J’aime aussi les classiques, mais aussi leur détournement. »

 

 

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[Visuel : Kenzo Takada. 17 juin 2008, 15:54:17. Source : Kenzo Takada & Helô. Auteur : Michell Zappa. Licence Creative Commons Paternité 3.0 Unported]

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