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Cannes, jour 3 : Leto se resserre

Pour la dixième année consécutive, Lucile Bellan sera à Cannes pour y couvrir l’intégralité du festival, de la compétition pour la Palme d’Or jusqu’aux sélections parallèles, en passant par tous les à-côtés de l’événement. En cette troisième journée, elle a arpenté les files d’attente, rocké en Russie, ri puis pleuré en France.

Le secret pour beaucoup à Cannes, quand on y va pour voir des films, c’est de savamment doser le temps qu’il est nécessaire de sacrifier dans une file d’attente pour être sûr de voir le film en question dans des conditions optimales. 1h ? 2h ? 2h30 ? Ceux qui ont déjà été dans les premiers à se voir refuser l’entrée savent que tout n’est qu’une question de minutes et essaient d’éviter que cette fâcheuse situation ne se reproduise à nouveau. Vous aurez compris que je fais partie des prudents. Je préfère passer quelques heures dehors pour m’assurer une place dedans et, pour l’instant, cette méthode s’est avérée la bonne. Même s’il m’arrive d’avoir été un peu pessimiste.

Pour Leto (photo), film présenté en compétition officielle du réalisateur russe Kirill Serebrennikov, j’ai attendu une heure devant la salle… pour finir par être la première à fouler le tapis rouge (j’aurais tout aussi bien pu aller boire un café). En tout cas, cette fois, aucun regret. Leto est une fresque qui retrace les débuts de Viktor Tsoi, icône du rock underground à Leningrad, à partir du début des années 1980. Leto est à rapprocher de ce que Cameron Crowe a fait avec Presque célèbre dans le sens où le film aborde tout un pan de la musique et de l’histoire d’un pays à travers sa jeunesse. Et si la reconstitution historique ne semble pas être la priorité absolue du réalisateur, l’énergie qui se dégage de son œuvre la rend irrésistible.

À genoux les gars, comédie d’Antoine Desrosières, a été sélectionnée dans la section Un Certain regard. On y retrouve les deux héroïnes d’Haramiste, moyen métrage qui a connu un certain succès. Les deux sœurs, chacune en couple, sont confrontées aux désirs et fantasmes de leurs petits amis, en opposition avec les leurs. Malgré un sujet difficile, du revenge porn à la fellation sans consentement, À genoux les gars décide de fricoter avec la comédie, porté par le bagou et la verve de son quatuor d’actrices et d’acteurs. Sa proposition, si elle peut parfois dérouter, reste une alternative intéressante aux trois nombreux drames sur les premières expérimentations sexuelles et le désir adolescent.

Ne comptez pas sur moi pour vous cacher mon goût pour le cinéma, et les mots de Christophe Honoré. J’attendais donc avec beaucoup d’impatience Plaire, aimer et courir vite, son nouveau drame sélectionné en compétition officielle. Pierre Deladonchamps, Denis Podalydès et Vincent Lacoste se voient sublimer par Honoré qui reprend ses sujets fétiches. Si l’émotion passe presque jusqu’aux larmes, la grande force de Plaire, aimer et courir vite reste sa vision de la résignation dans la maladie et des conséquences plus larges de l’épidémie de VIH que le monde entier a mis du temps à accepter de voir et de combattre.

Mais que serait le Festival de Cannes sans ses mythiques soirées ? J’avoue avoir été sage jusqu’à maintenant, je me laisse tenter par une coupe ou deux à la très sélecte terrasse Sandra and co. J’y croise (et même je frôle) une poignée de stars, avant d’avoir mal aux pieds pour cause de talons hauts et mal à la gorge à force de crier pour me faire entendre de mes interlocuteurs. Deux verres plus tard, je suis joyeuse et je me rappelle avec quelle facilité je pourrais tout aussi bien attendre ici que le soleil se lève. Mais les soirées cannoises sont comme moi, elles ont vieilli (ou mûri ?) et se finissent beaucoup plus tôt. À 2 heures du matin, nous remontons la Croisette à la recherche de bonnes âmes pour immortaliser une photo. Comme Leto l’avait annoncé : just a perfect day.

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