Christian Vincent, le discret
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L’Hermine De Christian Vincent Avec Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen, Sortie le 18 novembre 2015 |
Sortie le 18 novembre 2015
Peu de gens connaissent son nom, et encore moins son visage ; pourtant, Christian Vincent fait partie des réalisateurs français les plus réguliers et les plus appréciables. Chantre d’un cinéma accessible mais pas simpliste, il revient aujourd’hui avec L’Hermine. Peut-être est-ce dû à son patronyme, alliance un peu passe-partout de deux prénoms très communs : on ne sait pas qui est Christian Vincent. L’immense majorité des spectateurs français a vu au moins l’un de ses films, sans pour autant savoir qu’il en est le réalisateur. C’est la marque des grands cinéastes discrets, qui savent se mettre intégralement au service de leurs films sans jamais tirer la couverture à eux. Pourtant, Christian Vincent a réalisé La Discrète, La Séparation, Quatre étoiles, Les Saveurs du palais… Des films souvent ciselés, qui véhiculent de jolies valeurs et donnent surtout à rencontrer des personnages attachants et profonds. Généralement, les héros de Christian Vincent passent eux aussi un peu inaperçus, jusqu’à ce qu’ils finissent par se révéler, aux yeux de quelqu’un d’autre ou du monde entier, comme des personnes extraordinaires. C’est le cas de la cuisinière du Président de la République, incarnée par Catherine Frot dans Les Saveurs du palais ; c’est aussi le cas du personnage d’Isabelle Carré, femme un peu effacée devenant une reine de l’arnaque pour redonner du peps à sa vie dans Quatre étoiles. Christian Vincent, c’est aussi un observateur avisé du couple, de son fonctionnement et de ses dysfonctionnements. En témoigne son diptyque autour du couple, de sa fission et de sa fusion, écrit avec le romancier Dan Franck : La Séparation puis Les Enfants montrent deux facettes diamétralement opposées de la vie sentimentale, du sentiment profond de solitude à l’impression d’être soudain trop nombreux. Dans Quatre étoiles ou La Discrète, il réexploite des schémas de comédie romantique pour montrer avec une perversité pudique que, non, les êtres humains ne sont pas des marionnettes que l’on manipule à tout va. C’est dit sans leçon de morale supplémentaire, donc c’est délicieux. Vingt-cinq ans après La Discrète et son légendaire César du meilleur espoir féminin remis à Judith Godrèche (euh… pardon, Judith Henry), Christian Vincent et Fabrice Luchini se retrouvent enfin pour une Hermine couronnée de succès (un prix pour le scénario de l’un, un prix pour l’interprétation de l’autre). Le discret et le bavard font visiblement bon ménage, pour le plus grand bonheur des spectateurs et des critiques. Gageons sans aucun doute que l’on continuera à ne pas entendre parler de Christian Vincent, lequel poursuivra sa réjouissante œuvre avec tout le doigté qu’on lui connaît. [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=JXs2ToS-3Mg[/embedyt]
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