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    Cinéma à domicile : 3 films à voir en février 2020

    Lucile Bellan 7 février 2020
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    La vie des films n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Carrière en salles trop fugace ou sortie en direct to VOD : chaque mois, Artistik Rezo vous propose de rattraper à la maison 3 films disponibles sur vos écrans et que vous n’avez sans doute pas encore vus.

    1) Koko-di Koko-da, de Johannes Nyholm

    C’est sans doute le film le plus étrange qu’il ait été donné de voir en 2019. Bien au-delà de son titre, Koko-di Koko-da crée une ambiance singulièrement pesante, où les ritournelles enfantines sont surtout là pour créer le malaise. Au cœur du film, un couple qui essaie de faire son deuil en partant camper dans la forêt, mais se retrouve poursuivi par trois assaillants étranges, semblant sortis d’un conte macabre. La suite est absolument traumatisante : comme dans un jeu vidéo plein de bugs, les héros reprendront en début de cauchemar à chaque fois qu’ils auront été tués par leurs tortionnaires. Loin d’Un Jour sans fin ou d’Edge of Tomorrow, le film semble clair sur le fait qu’il n’y a pas d’issue. Ce qui ne fait que renforcer l’atmosphère délétère créée par le cinéaste.

     


    2) J’irai où tu iras, de Géraldine Nakache (photo)

    Dix ans se sont écoulés depuis le succès inattendu mais mérité de Tout ce qui brille, le premier film réalisé par Géraldine Nakache (avec Hervé Mimran, parti réaliser en solo depuis). Après un Nous York moins mémorable, l’actrice-réalisatrice reforme son duo avec Leïla Bekhti pour une comédie dramatique et existentielle sur deux sœurs très différentes, dont l’une s’apprête peut-être à toucher son rêve du doigt : devenir choriste pour son idole Céline Dion. Le tout sous le parrainage de Patrick Timsit, qui joue le rôle du père, forcément imparfait mais forcément attachant. Insuffisamment vu lors de sa sortie dans les salles françaises, J’irai où tu iras mérite une belle séance de rattrapage.


    3) Chambre 212, de Christophe Honoré

    Passé par la section Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes, où il a valu à Chiara Mastroianni un prix d’interprétation fort mérité, le dernier film de Christophe Honoré aurait aussi pu faire une formidable pièce de théâtre. C’est l’histoire d’une femme qui quitte (peut-être temporairement) le domicile conjugal après vingt ans de mariage et s’installe pour une nuit dans l’hôtel situé en face de son appartement. Pour elle comme pour son mari (formidable Benjamin Biolay), la nuit va être longue, puisque des personnages issus de leur passé vont soudain apparaître (de façon fantasmée) pour les forcer à faire le bilan de leurs existences, de leurs regrets, de leurs remords. Un chassé-croisé malin, tendre, drôle et ultra profond, dont le casting de rêve inclut aussi Vincent Lacoste (en Biolay junior) et Camille Cottin.

    Lucile Bellan

     

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