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“Comment tuer sa mère” : titre de film, mode d’emploi

Lucile Bellan 11 juin 2018
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Cette comédie avec Vincent Desagnat et Chantal Ladesou débarque dans les salles françaises au beau milieu duj mois de juin, faisant suite à toute une série de films au titre voisin. D’où l’idée de passer en revue ces catégories de titres quasiment jumeaux, qui témoignent généralement d’un vrai manque d’imagination de la part des distributeurs.

  • Comment…
    Il faudra encore patienter quelques jours pour savoir si le film de boulevard de David Diane et Morgan Spillemaecker explique réellement comment tuer sa mère. C’est en tout cas ce que vont tenter de faire les frères et soeur joués par Julien Arruti, Vincent Desagnat et Joséphine Dray pour se débarrasser du personnage de Chantal Ladesou… Précédemment, on a aussi appris Comment tuer le chien de son voisin avec Kenneth Branagh (2000), Comment tuer son boss avec Jason Bateman (2011 et 2014 pour la suite), Comment j’ai tué mon père avec Charles Berling (2001). À l’origine, le film Comment tuer votre femme, avec Jack Lemmon, qui date de 1965.
  • …mode d’emploi
    Il semblerait que la regrettée Christine Pascal soit à l’origine de ce genre de titre, puisqu’elle a réalisé Adultère mode d’emploi en 1995, avec notamment Richard Berry et Vincent Cassel. Depuis, on a vu défiler Rupture mode d’emploi avec Jamie Foxx, Mère-fille mode d’emploi avec Jane Fonda, En cloque mode d’emploi avec Seth Rogen, En taule mode d’emploi avec Will Ferrell… Et parce que les personnes chargées de trouver les titres français des comédies américaines ont beaucoup d’imagination, il n’est pas rare qu’un même artiste se retrouve avec deux titres de ce film dans sa filmographie. C’est le cas de Judd Apatow (En cloque mode d’emploi et 40 ans mode d’emploi), de Katherine Heigl (En cloque mode d’emploi et Bébé mode d’emploi) ou encore de Leslie Mann (Célibataire mode d’emploi et 40 ans mode d’emploi).
  • Very bad…
    À l’origine, la comédie sanglante de Peter Berg, Very bad things, qui fête des 20 ans cette année. Mais le véritable déclencheur des Very bad… n’est autre que Very bad trip, la comédie culte de Todd Phillips avec Bradley Cooper. Rappelons qu’en version originale, le film s’appelle The Hangover (ce qui signifie “gueule de bois”)… Depuis, deux suites moins inspirées sont sorties, puis Very bad cops avec Will Ferrell et Mark Wahlberg, Very bad dads avec Will Ferrell et Mark Wahlberg, Very bad dads 2 avec Will Ferrell et Mark Wahlberg… Non, il n’y a pas d’erreur dans la phrase précédente. À noter aussi la variante Very big stress, utilisée pour ressortir des cartons un inédit avec Zach Galifianakis, l’un des héros de la trilogieVery bad trip.
  • …malgré lui (ou eux) (ou elle) (ou moi)
    William Hurt dans Voyageur malgré lui, Nicolas Cage dans Milliardaire malgré lui, Preston Sturges et son Gouverneur malgré lui… Les décennies se suivent et se ressemblent, mais on constate depuis peu une accélération de l’emploi de ce genre de titre. C’est ainsi que Baby-sitter malgré lui avec Jonah Hill ou Escroc malgré lui avec Greg Kinnear ont suivi. Will Ferrell (encore lui) et John C. Reilly sont devenu des Frangins malgré eux, Anne Hathaway une Princesse malgré elle, et Lindsay Lohan racontait comment elle était devenue une Lolita malgré moi.
  • …et autres… ou …et ses petits…
    Tout semble venir du film de Nicolas Boukhrief, Le plaisir (et ses petits tracas). Ont suivi Sexe et autres complications avec Christina Ricci, l’israelien Amours, larcins et autres complications, puis l’étrangement nommé Love et autres drogues, avec Jake Gyllenhaal et Anne Hathaway. Du love, il y en a aussi eu dans Love (et ses petits désastres) avec feu Brittany Murphy. Beaucoup d’amour aussi dans le volage Barnie et ses petites contrariétés, avec Fabrice Luchini. À propos des “petits”, on signalera la lente disparition des titres singeant Petits meurtres entre amis (Petits meurtres entre nous, Petits mensonges entre frères…).
  • … Therapy
    Du Happiness Therapy de David O. Russell au Snow Therapy de Ruben Östlund (qui en VO s’appelait… Force majeure), les titres en therapy semblent ne jamais bien coller aux films qu’ils décrivent. Pourtant, les distributeurs ne s’en lassent pas, de Sex Therapy (avec Mark Ruffalo et Gwyneth Paltrow) au norvégien Natür Therapy (film sur un randonneur naturiste) en passant par Broadway Therapy de Peter Bogdanovich. Quelle imagination.

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