De Femmes d’Argentine à The Climb : 4 films à voir en mars 2020
Chaque mois, la rédaction d’Artistik Rezo choisit pour vous les 4 films qu’il faut absolument aller découvrir en salles. Une sélection éclectique, composée d’œuvres faisant l’événement et de perles plus méconnues.
1) Femmes d’Argentine, de Juan Solanas (11 mars)
C’est un documentaire nécessaire à défaut d’être particulièrement innovant sur la forme. Fils du grand Fernando ‘Pino’ Solanas, Juan Solanas (L’Homme sans tête) s’est intéressé au combat de militantes et de familles pour que l’Argentine légalise enfin l’interruption volontaire de grossesse. Avortements clandestins extrêmement dangereux, situations dramatiques : l’interdiction de l’IVG fait du mal au pays, et en particulier à ses femmes. À travers les différentes manifestations qui ont réuni des millions (ce n’est pas une expression) de citoyens et citoyennes dans la rue, Femmes d’Argentine raconte un combat loin d’être gagné d’avance, et nous rappelle que chez nous non plus, l’IVG n’a rien d’un acquis.
2) Un fils, de Mehdi M. Barsaoui (11 mars)
Digne d’une tragédie grecque, ce film algérien relate l’éclatement d’un couple assez bourgeois suite à la blessure sérieuse de son fils, touché lors d’une attaque terroriste. À la manière des films d’Ashgar Farhadi (Une séparation, Le Passé), Mehdi M. Barsaoui fait rebondir son film de façon inattendue. De secrets de famille en gestes désespérés, Un fils est un véritable uppercut, porté par un Sami Bouajila plus qu’intense et une révélation nommée Najla Ben Abdallah.
3) Brooklyn Secret, d’Isabel Sandoval (18 mars)
Si Brooklyn Secret a de quoi entrer dans l’Histoire, c’est d’abord parce que c’est le premier film d’une réalisatrice transgenre à avoir été sélectionné au festival de Venise. Isabel Sandoval, qui a opéré sa transition après le tournage de son précédent film, s’est écrit un rôle sur mesure : celui d’une aide à domicile d’origine philippine qui souhaite contracter un mariage blanc afin de rester aux Etats-Unis. À plus d’un titre, voilà un film puissant et bouleversant sur la quête d’identité, tant sur le plan du genre que sur celui du territoire. Délicat et racé, le film fait également preuve d’un romantisme exacerbé qui achève de faire sa réussite.
4) The Climb, de Michael Angelo Covino (25 mars)
Comment définir l’amitié ? Est-ce que ça consiste à supporter tous les défauts et les travers de l’autre, y compris lorsque ceux-ci seraient irrémédiablement repoussants chez d’autres personnes ? Mais alors, pourquoi être amis ? C’est le genre de questions que se pose le film réalisé par Michael Angelo Covino, coécrit avec son comparse Kyle Marvin. Les deux hommes interprètent deux amis de longue date dont la relation devrait capoter définitivement étant donné que l’un a couché avec la femme de l’autre. Mais l’amitié, à l’image du film, est nettement plus complexe et inattendue que cela. Le résultat est un régal qui ne ressemble à rien d’autre.
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