De l’eau pour les éléphants – Robert Pattinson
Dans cette œuvre aux accents vintage, la grande famille du cirque (et en filigrane, du show-bizz) se produit sous vos yeux, avec ses coups de Trafalgar, ses veuleries et ses gloires éphémères. Jacob Jankowski, jeune Polonais de la deuxième génération, doit quitter son école de vétérinaire suite au décès de ses parents. L’action prend place en 1931, et la Grande Dépression envoie sur les routes de milliers de personnes. En chemin, Jacob rencontre le cirque, et ne le quitte plus, pour les beaux yeux de Marlene, marié au brutal Augst.
L’une des meilleures raisons d’aller voir ce film, au scénario minimal, réside dans la présentation de la vie du cirque : le spectateur se retrouve totalement immergé dans cet univers étrange, baroque, qui évolue vite des rires à la catastrophe. Nous adoptons tout du long de la trame narrative le point de vue de Jacob, le « bleu », le « novice », contraint de s’adapter à une réalité changeante et bien moins riante qu’il n’y paraît. Passant d’une bataille de tarte à la crème inattendue et d’une nuit d’orgie, à la dure réalité économique, qui fait trimer hommes et bêtes à la même enseigne, nous devons faire le deuil de cette image du cirque rêvé, à peine esquissée. Cacher le haillon avec une perle, éclairer trop afin que le spectateur soit ébloui : à ce compte, le réalisateur Francis Lawrence ne tire pas trop mal son épingle du jeu, confrontant adroitement le monde scintillant des artistes, à celui, terne et instable, des techniciens.
Outre le casting furieusement glamour du film (Reese Witherspoon en écuyère gracieuse, Robert Pattinson en jeune premier bellâtre et Christoph Waltz en directeur de cirque perturbé), il existe un argument de poids dans ce film : l’héroïne principale, Rosie, une éléphante prénommée Ty en réalité. Choisie parmi ses congénères d’un ranch en Californie parce qu’elle était la plus grosse et la plus belle (avec ses taches de rousseur), elle s’est pliée avec légèreté aux décisions du dresseur, lequel avait mis au point une série de codes afin de stimuler l’animal pour qu’elle adopte telle ou telle attitude. Lorsqu’au dernier jour du tournage, l’équipe s’est rassemblée autour d’elle pour l’applaudir, elle a d’elle-même présentée la patte, pour saluer une dernière fois.
De l’eau pour les éléphants est un beau film-fleuve, avec des sentiments déjà éprouvés, mais une valeur sûre : car au fond, dans la vie des hommes, la seule chose qui compte, c’est que le spectacle continue.
Mathilde de Beaune
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De l’eau pour les éléphants
Un film de Francis Lawrence
Avec Robert Pattinson, Reese Witherspoon et Christoph Waltz
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