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De “Nos batailles” à “Cold war” : 4 films à voir en octobre 2018

Lucile Bellan 2 octobre 2018
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Chaque mois, la rédaction d’Artistik Rezo choisit pour vous les 4 films qu’il faut absolument aller découvrir en salles. Une sélection éclectique, composée d’œuvres faisant l’événement et de perles plus méconnues.

 

1) Nos batailles, de Guillaume Senez (3 octobre)
Son premier film, Keeper, avait créé l’émotion : ce portrait d’un couple de (très) jeunes gens en passe de devenir parents contre l’avis de leurs propres géniteurs et génitrices s’avérait très réussi, porté notamment par un Kacey Mottet Klein toujours très impressionnant. Guillaume Senez convainc encore avec Nos batailles, drame plus adulte mené notamment par Romain Duris, Laure Calamy et Laëtitia Dosch. Duris incarne un homme qui, suiter au départ de sa femme, se voit contraint d’essayer de tout concilier : une vie professionnelle chargée et une nouvelle existence de père célibataire. En résulte un film d’une vraie force, qui fait de la charge mentale un enjeu dramatique et pose des questions essentielles avec une grande justesse. Si la vie était bien faite, ce serait l’un des films les plus nommés aux César 2019.

 

2) Blindspotting, de Carlos Lopez Estrada (3 octobre)
La grande révélation du dernier festival du film américain de Deauville, c’est ce Blindspotting qui fait moins penser au film de Danny Boyle (auquel il semble emprunter la forme de son titre) qu’au récent Good Time des frères Safdie, plongée noire et fluo dans un monde cradingue et malaisant. Arrivant quasiment au bout de sa période de liberté conditionnelle, le héros du film se trouve hélas au mauvais endroit et au mauvais moment, puisqu’il est le témoin involontaire d’une bavure policière qui va soudain le plonger dans une spirale de problèmes. La réalisation est aussi fun que nerveuse,et les thématiques finalement assez profondes. Le résultat est fulgurant, n’allant jamais vraiment là où on l’attendait.

 

3) Girl, de Lukas Dhont (10 octobre)
Distingué lors du dernier festival de Cannes, ce premier film néerlandais a notamment valu à son acteur, le jeune Victor Polster, un prix d’interprétation d’autant plus exceptionnel qu’il n’était pas genré (c’est-à-dire qu’il n’était question ni d’interprétation masculine, ni d’interprétation féminine). Ce récit du combat d’une adolescente transgenre pour devenir danseuse étoile est aussi dur que délicat, parvenant à trouver le ton juste et à éviter les impairs. À ce stade de l’année, Girl fait partie des candidats potentiels à l’Oscar du meilleur film étranger, tant il excelle à exploiter un sujet très glissant avec un réalisme plein de grâce.

 

 

4) Cold war, de Pawel Pawlikowski (24 octobre)
Oscarisé pour son film précédent, Ida, le Polonais Pawel Pawlikowski s’installe lentement mais sûrement parmi les cinéastes qui comptent. Son dernier long-métrage, Cold war, a d’ailleurs été distingué par le prix de la mise en scène lors du dernier festival de Cannes. Ce récit, noir et élégant, de l’histoire d’amour entre une musicienne et un chanteur entre la Pologne et la France des années 1950 est en tous points maîtrisé, parvenant à faire naître l’émotion à des instants inattendus, célébrant la puissance de la création musicale et l’universalité de l’amour, le tout sans sombrer dans un angélisme qui lui tendait pourtant les bras. Une petite pépite, aussi courte qu’exaltante.

 

Lucile Bellan

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