“Éthique du mikado” de Sarah Chiche
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Éthique du mikado – Essai sur le cinéma de Michael Haneke De Sarah Chiche 232 pages Collection Perspectives Critiques – Éditions PUF |
Paru le 6 mai 2015 71 fragments d’une analyse du cinéma de Michael Haneke : un essai profond, érudit mais accessible, sur ce qui caractérise l’univers du metteur en scène autrichien et le fait résonner bien au-delà de la sphère cinématographique. C’est un cinéaste exigeant, qui provoque régulièrement des réactions épidermiques, signe de son incroyable talent à faire bouillir le corps et les neurones de ses spectateurs : deux fois lauréat d’une Palme d’Or (pour Le Ruban blanc et Amour, ses deux derniers films en date), Michael Haneke (ou plutôt son cinéma) est le héros de cette Éthique du mikado, dont le titre fait référence à l’une des 71 scènes qui composent 71 fragments d’une chronologie du hasard, l’un de ses films datant des années 90. Il y a justement 71 fragments dans le livre de Sarah Chiche : paragraphes ou blocs de plusieurs pages, ils viennent nous éclairer davantage sur la réflexion philosophique et artistique de l’énigmatique Autrichien, qui se refuse à donner les clés qui pourraient permettre de mieux comprendre certains de ses films. Description des méthodes de tournage, justification de certains plans, réfléxions théoriques visant à trouver la façon la plus juste de décrire des sentiments douloureux : il y a tout cela dans Éthique du mikado, et plus encore. L’auteure y dissèque les obsessions du cinéaste, qui passe rarement un film sans faire souffrir (pour de faux) des animaux, utilise la télévision (l’objet plus que le média) comme une façon d’éclairer le monde de façon lugubre, tente de tendre vers le réel tout en ayant fermement conscience de ne pas pouvoir l’approcher de façon parfaite. De temps à autre, Sarah Chiche se risque à des envolées lyriques, cauchemardesques, racontées à la première personne, comme les extraits d’un journal intime personnel qui permettraient d’éclairer différemment son rapport au cinéma du maître, ou au contraire de rendre l’ensemble un peu plus flou, aussi mystérieux que l’étaient les 71 fragments d’une chronologie du hasard, bouts de séquences assemblés de façon (presque) aléatoire pour expliquer (ou pas) le massacre perpétré par un jeune homme. En fin d’ouvrage, 20 pages d’entretiens entre Sarah Chiche et Michael Haneke viennent sceller le sort de cet excellent livre, qui en dit beaucoup sans en dire trop et donne envie de revoir certains films du cinéaste afin de les analyser plus précisément, plan par plan. Lucile Bellan [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=30ixr9UD0_s[/embedyt] [Image 2015 © Perspectives Critiques] |
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