La Sicilienne, histoire d’une rébellion
Petite fille, Rita est aveuglée par l’amour qu’elle porte à son père, Don Michele, chef mafieux respecté et craint de tous dans le village. L’insouciance de la jeunesse prend le pas sur la violence quotidienne dont elle est témoin mais qu’elle oublie aussitôt l’heure des jeux enfantins avec son amoureux venue. Le jour où son père est tué sous ses yeux par un clan adverse, le désir de vengeance devient plus fort que tout. La mort de son frère, assassiné à son tour des années après, renforce son envie de faire tomber la Cosa Nostra. A l’inverse des autres femmes qui côtoient l’organisation, Rita refuse la soumission. Consciente de son impuissance à se faire justice elle-même, la jeune femme, maintenant âgée de 17 ans, se rend à Rome au cabinet du Procureur anti-mafia, une pile de journaux intimes sous le bras pour le convaincre. C’est sous une pluie de balles qu’elle quitte sa Sicile natale pour entrer dans le programme de protection des témoins. Changements d’identités, logements impersonnels, Rita va de désillusion en désillusion et bascule dans l’âge adulte de la manière la plus brutale qui soit. Encore en proie à une image paternelle faussée, il lui faudra du temps avant de finalement accepter que son père, comme son frère, ne valaient pas mieux que ceux qu’elle dénonce. En provoquant le procès, elle tourne le dos aux siens : sa mère, fidèle à l’Omerta et à la Cosa Nostra, renie celle qui déshonneur la famille alors que son petit ami de toujours rejoint les rangs des ennemis.
Le résultat ne présente ni plans exceptionnels, ni esthétique singulière. Le film touche avant tout par le récit conté. Veronica d’Agostino, d’origine sicilienne, campe le rôle titre avec force et fragilité, attestant du caractère indomptable de Rita Atria, qui ira jusqu’au suicide pour faire tomber les puissants de la Cosa Nostra. On ne peut pas en dire autant de Gérard Jugnot, incarnant un juge inspiré de Borsellino – celui qu’alla voir Rita en réalité – et de Falcone, tout deux tués en luttant contre la mafia. Une gêne qui ne tient pas tant au jeu de l’acteur français mais bien au doublage en italien, maladroit. Autre regret, le pathos utilisé à foison lors de séquences qui auraient d’autant plus émues si elles avaient été traitées avec retenue. On peut cependant saluer le casting qui réunit des acteurs confirmés à des anonymes qui furent, un temps, liés à la Cosa Nostra.
Reste que le manque de finesse de la réalisation n’entache pas la justesse du propos, qui témoigne d’un combat de tous les jours dans ces régions où les mafieux règne en maîtres.
Mélanie Grenier
La Sicilienne
Sortie le13 mai 2009
Distributeur : Rezo Films
Film franco-italien en couleur de Marco Amenta
Durée : 1h53
Avec Francesco Casisa, Véronica d’Agostino, Marcello Mazzarella, Gérard Jugnot , Mario Pupella…
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