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“Le Redoutable” : quand les films parlent des réalisateurs

27 août 2017
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Le Redoutable

Le Redoutable

De Michel Hazanavicius

Avec Louis Garrel, Stacy Martin, Bérénice Bejo

Durée : 1h42

Sortie le 13 septembre 2017

Sortie le 13 septembre 2017

À l’occasion de la sortie du Redoutable, le film consacré à Jean-Luc Godard par Michel Hazanavicius, Artistik Rezo effectue un retour sur les films consacrés à des réalisateurs de cinéma par leurs congénères.

Peu de cinéastes ont précédé Michel Hazanavicius dans cette pratique consistant à consacrer un film à un réalisateur ayant existé. Sans doute parce que l’exercice du film dans le film est assez délicat à traiter, ou encore parce que réaliser le portrait d’un congénère encore vivant. On sait d’ailleurs par le réalisateur du Redoutable que Jean-Luc Godard n’a pas daigné lui donner signe de vie et eaccepter de voir son film…

 

Parmi les exemples les plus célèbres et les plus réussis, on peut citer Aviator, dans lequel Martin Scorsese filmait l’existence de Howard Hughues, aviateur et cinéaste aux obsessions plus qu’envahissantes. C’est Leonardo Di Caprio qui incarne le rôle de celui qui fut l’un des hommes les plus puissants des Etats-Unis et réalisa entre autres la première version de Scarface, bien avant Brian De Palma. Plus policé mais néanmoins intéressant, le Chaplin consacré par Richard Attenborough au réalisateur du Dictateur avait, en son temps, connu un franc succès. On oublie parfois que c’est Robert Downey Jr., aujourd’hui plus connu pour ses multiples apparitions en Iron Man, qui fut l’interprète de cet artiste formidable.

 

Chez les réalisateurs moins talentueux (c’est un euphémisme) et donc célébrés à l’écran, le plus fameux est évidemment Ed Wood, auquel Tim Burton consacra un film du même nom en 1995. Souvent désigné comme le pire réalisateur de l’histoire, également connu pour son amour du travestissement, le réalisateur de Plan 9 from outer space a eu droit à un biopic en noir et blanc, transpirant l’amour du septième art et de l’artisanat. Le tout joué par un Johnny Depp qui n’aurait pas volé un Oscar alors que c’est Martin Landau qui l’obtint grâce au film pour son interprétation de Bela Lugosi. Dans le même genre (même si le résultat sera différent), James Franco vient de réaliser un film consacré à Tommy Wiseau, réalisateur de The Room, film réalisé en 2003 et régulièrement désigné comme le pire long-métrage de l’histoire.

 

Adepte des films consacrés à différents types d’artistes, Peter Greenaway a consacré un film à Sergei Eisenstein, le réalisateur du Cuirassé Potemkine. Dans Que viva Eisenstein !, le cinéaste croque la période mexicaine d’Eisenstein, lequel rencontre des problèmes de création mais mène néanmoins son projet de film à bien. C’est le jeune acteur finlandais Elmer Bäck qui interprète le réalisateur russe, avec une conviction admirable. Moins jeune mais aussi impressionnant, il y eut Anthony Hopkins et son interprétation d’Alfred Hitchcock dans le film réalisé par Sacha Gervasi, Hitchcock, consacré à la période pendant laquelle le réalisateur britannique tenta de monter Psychose. D’autres réalisateurs classiques ont été filmés à l’écran, comme Orson Welles dans le pur biopic Citizen Welles, informatif à défaut d’être génial. C’est Liev Schreiber qui interprétait le cinéaste de Citizen Kane

 

Lucile Bellan

[Image 2017 © StudioCanal]

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