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    “Olli Mäki” : Un Certain Regard, et après ?

    2 octobre 2016
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    Olli Mäki

    Olli Mäki

    De Juho Kuosmanen

    Avec Jarkko Lahti, Eero Milonoff, Oona Airola

    Durée : 1h32

    Sortie le 19 octobre 2016

    Sortie le 19 octobre 2016

    En mai dernier, Olli Mäki remportait le prix Un Certain Regard à Cannes. La sélection parallèle récompensait un cinéaste finlandais inconnu, lui permettant peut-être de lancer sa carrière. Mais gagner à Un Certain Regard permet-il forcément d’être exposé ensuite ?

    Les frères Kaurismäki ne sont donc pas les seuls cinéastes finlandais en activité. Juho Kuosmanen l’a prouvé au mois de mai, remportant le prix Un Certain Regard lors du festival de Cannes 2016 grâce à son portrait d’un boxeur dans le Helsinki des années 60. On peut imaginer que Kuosmanen va pouvoir utiliser ce tremplin pour que Olli Mäki soit un succès et que la suite de sa carrière soit constituée d’apparitions en festivals et de sorties dans les salles des pays les plus riches en cinéma d’auteur. Mais rien n’est moins sûr.

     

    Car si de prestigieux cinéastes (qui n’étaient pas forcément connus à ce moment précis de leur carrière) ont gagné ce prix créé en 1998, d’autres n’ont quasiment pas réapparu depuis… ou ont poursuivi leur oeuvre dans une relative indifférence. Parmi les grandes réussites, il y a Apichatpong Weerasethakul, récompensé pour Blissfully yours en 2002, huit ans avant de remporter la Palme d’Or pour Oncle Boonmee. En 2015, le cinéaste thaïlandais était “rétrogradé” et de nouveau nommé à Un Certain Regard avec Cemetery of splendour. Montagnes russes.

     

    D’autres, comme Yorgos Lanthimos (Canine, primé en 2009) ou Michel Franco (Después de Lucia, vainqueur en 2012), ont profité de l’occasion pour empocher une sélection en compétition pour la Palme dès leur film suivant. Avec succès : prix du jury à Cannes 2015 pour The Lobster, et prix du scénario la même année pour Chronic. Le roumain Cristi Puiu (La mort de Dante Lazarescu, gagnant 2005) a lui aussi connu les joies d’une telle promotion (avec la sélection de Sieranevada en compétition en 2016).

     

    En revanche, qui se rappelle d’Yves Caumon (Amour d’enfance, 2001), Jasmin Dizar (Beautiful people, 1999), ou Darejan Omirbaev (Tueur à gages, 1998) ? Les cinéastes ont poursuivi leur carrière dans une relative indifférence, ne bénéficiant absolument pas d’une quelconque exposition, que ce soit pour leurs films primés ou pour les suivants. Plus récemment, Kim Ki-Duk a été primé pour Arirang en 2011 alors que ses plus beaux films étaient derrière lui. Le film n’est même pas sorti dans les salles françaises. En 2015, l’Islandais Béliers était couronné, mais il est quasiment certain que ce film frôlant l’anecdote ne bénéficiera guère à son réalisateur Grimur Hakonarson. Souhaitons à Juho Kuosmanen et à Olli Mäki de connaître une carrière plus étoffée.

    Lucile Bellan

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    [Image 2016 © Les Films du Losange]

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