Ordinary people
L’intention de Vladimir Prisic, le réalisateur de Ordinary people, est, certes, louable : il a cherché à analyser « objectivement, presque scientifiquement » le comportement de violence pendant la guerre. Il a voulu mettre en question l’autorité et montrer que la violence pouvait être scandaleusement ordinaire.
Mais son approche cinématographique est,elle, peut-être trop clinique, trop épurée. A vouloir rendre la violence trop ordinaire, en l’assimilant à des actes du quotidien tels que boire, fumer une cigarette, ou encore en limitant l’action du film la simple représentation de cette violence sans qu’aucune justification n’en soit donnée, le film crée une sorte d’indifférence chez le spectateur, voire même de l’ennui.
Les soldats sont emmenés dans un endroit inconnu, ils sont chargés de tuer des prisonniers désignés comme des « ennemis », sans qu’aucune autre explication ne soit donnée. La même action se répète plusieurs fois. Voilà tout.
Aucune empathie n’est possible, les personnages ne peuvent même pas être qualifiés de personnages, tant la distance entre eux et le spectateur est grande. Ils ressemblent plus à des machines qui exécutent qu’à des êtres humains obligés de commettre un acte horrible, du fait de leur statut de militaire. Au final, est-on vraiment révolté par ce que l’on voit ? Se demande-t-on ce que l’on ferait à leur place ? Pas vraiment. On écoute le bruit des insectes, on regarde la campagne verdoyante qui sert de décor à la scène, et l’on attend que cela passe.
Le film a été présenté à la semaine de la critique au Festival de Cannes 2009.
Serbie / France / Suisse
2009 – Première mondiale – 1h20 – Couleur – 35 mm
VO Serbe
In serbian
Réalisateur / director
Vladimir Perisic
Scénario / screenplay
Vladimir Perisic – Alice Winocour
Image / cinematography
Simon Beaufils
Son / sound
Frédéric Heinrich
Montage / editing
Martial Salomon
Décors / production design
Diana Radosavljevic
Interprètes / cast
Relja Popovic
Boris Isakovic
Miroslav Stevanovic
Articles liés

« Des hommes endormis » : une fable étrange en quête de couples mouvants
Au Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet, Ludovic Lagarde met en scène l’une des dernières pièces de l’auteur anglais Martin Crimp, qui radiographie avec un humour acide et une lucidité poétique la dérive affective de deux couples de générations différentes. Christèle...

“Matisse. 1941–1954” : les dernières années de carrière d’Henri Matisse au Grand Palais
Dans la lumière éclatante de ses dernières années, Matisse invente un nouveau langage : celui des formes découpées et de la couleur pure. Plus de 300 peintures, dessins, livres et gouaches découpées retracent, entre 1941 et 1954, le parcours...

“Les brothers & les sisters” : une épopée familiale et poétique au Théâtre NOC 42
Il était une fois une famille avec beaucoup d’enfants. Ils habitaient Vitry, ils n’allaient pas à l’école et les plus grands s’occupaient des plus petits. Un jour, le plus grand d’entre eux, Ernesto, découvre un livre. Il ne sait...






