0 Shares 213 Views

Rencontre avec Ronan Frémondière, co-directeur du cinéma Comoedia à Lyon

9 juillet 2020
213 Vues

Les cinémas ont repris du service la semaine dernière. À cette occasion, nous avons interrogé Ronan Frémondière, directeur et reponsable de la programmation du cinéma Comoedia, situé dans le 7ème arrondissement de Lyon, pour faire le bilan de cette première semaine de réouverture

Vous êtes directeur et responsable de la programmation au sein du Comoedia. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce que vous faites ?

Je co-dirige le cinéma avec Frédérique Duperret. Nous sommes également associés avec Marc Bonny qui est le président du Comoedia. Je m’occupe plus particulièrement de la programmation des films et de la ligne éditoriale du cinéma. Je choisis donc les films et assure la relation avec les distributeurs.

Comment s’est passée la réouverture du cinéma la semaine dernière ?

En terme de programmation, nous avons repris les films qui étaient à l’affiche au moment de la fermeture du cinéma le 16 mars. Nous avions donc La Bonne Epouse, qui a plutôt bien marché depuis la réouverture, mais aussi Dark Waters et De Gaulle. Ensuite il y avait des nouveautés, certains distributeurs ayant décidé de sortir des films dès la réouverture. Ce sont des films qui étaient déjà prévus au 18 mars notamment L’ombre de Staline, qui a plutôt bien fonctionné avec plus de 500 entrées en plus d’une semaine ou encore Filles de Joie. Mais la surprise est venue d’Elephant Man, qui est ressorti en copie restaurée pour le quarantième anniversaire de sa sortie. Beaucoup de jeunes sont d’ailleurs venus découvrir le film de David Lynch.

Les lyonnais étaient donc au rendez-vous ?

Oui, cependant nous sommes à la moitié d’une fréquentation normale. Cela dit il a fait extrêmement beau la semaine dernière, puis il y a eu les élections dimanche. Mais nous ne sommes pas du tout aux chiffres habituels pour cette période de l’année, même si ce n’est pas catastrophique. Il faut dire qu’il y a aussi une offre limitée de films.

Beaucoup de films ont été repoussés ? 

On tenait beaucoup au prochain film de Christopher Nolan, Tenet, dont la sortie a déjà été reculée plusieurs fois. Il est désormais prévu pour le 12 août mais au vu de l’épidémie aux Etats-Unis qui prend une tournure dramatique nous craignons qu’il soit encore décalé. C’était en quelque sorte le blockbuster américain qui était attendu, Christopher Nolan faisant toujours des chiffres excellents. Si nous n’avons pas de film locomotive sur l’été ça va être compliqué. Cependant, il y a le film de François Ozon, Eté 85, qui va sortir le 14 juillet. On l’accueille d’ailleurs ce soir pour l’avant-première où il sera présent à la fin de la projection pour échanger avec le public.

Des mesures sanitaires ont dû être mises en place ?

Bien sûr. Le guide sanitaire a été réalisé par la fédération nationale des cinémas français et a donc été validé par les ministères de la culture, de la santé et du travail. On a un cahier des charges assez strict, notamment avec le port du masque obligatoire dans le hall et les distanciations d’un mètre. On a également installé du plexiglass aux caisses et nous devons désinfecter tous les points contacts à chaque inter-séance. Le port du masque n’est cela dit pas obligatoire dans les salles mais les spectateurs doivent laisser au moins un siège entre eux exceptés pour les personnes venues en groupe de moins de dix personnes. En plus de ces mesures principales, nous avons réduit nos séances d’un tiers afin qu’il y ait de larges inter-séances pour éviter des phénomènes de groupes aux caisses ou dans le hall. Nous avons également décalé toutes les séances pour éviter qu’il y en ait plusieurs en même temps.

Est-ce que cela a pu avoir un impact sur la baisse des fréquentations ?

Nous avons quand même une séance en début d’après-midi, une entre 16h et 17h puis une en soirée. D’habitude on tourne dès le matin. Là on ne le fait plus sauf le dimanche. Après, nous allons avoir une mise à jour du guide sanitaire d’ici une semaine. Nous verrons alors les mesures que nous pourrons assouplir.

Propos recueillis par Nathalie Coste

Articles liés

Alexis Le Rossignol au Point Virgule
Agenda
51 vues

Alexis Le Rossignol au Point Virgule

Vous l’avez découvert sur France Inter ? Ne le ratez pas sur scène ! Le 9 mai 2019, CNews a écrit à son sujet: “de digressions en digressions, il a l’art de sublimer le quotidien de son humour délicieusement...

Ërell : “Mon style s’apparente à une prolifération artistique urbaine”
Art
132 vues

Ërell : “Mon style s’apparente à une prolifération artistique urbaine”

À 33 ans, Ërell sème ses motifs géométriques tous autant accessibles qu’énigmatiques dans l’espace urbain. Ses compositions qui évoluent au fil des rues constituent une ode à la nature. Pouvez-vous nous présenter votre parcours ? J’ai commencé à pratiquer...

Sandrine Sananès : “Chaque personne a en elle la capacité de créer”
Art
151 vues

Sandrine Sananès : “Chaque personne a en elle la capacité de créer”

C’est à l’Atelier de Charenton que Sandrine Sananès exerce et prône l’expression de la créativité sans thème et sans modèle, selon sa méthode “Le Geste de peindre”.  Pouvez-vous exposer votre parcours ? J’ai d’abord vécu dans le sud de...