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Rétrospective Jim Jarmusch en salles : les grands ne meurent pas

2 juillet 2019
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Si le dernier film du cinéaste à la crinière blanche a déçu, ses premières oeuvres resteront à jamais gravées dans l’histoire du cinéma indépendant américain. Six d’entre elles ressortent en salles ce 3 juillet.

Présenté en ouverture du dernier festival de Cannes, où il concourait également à la Palme d’Or, The Dead Don’t Die a déçu. Cette comédie horrifique pataude montrait un Jarmusch marquant le pas, lui dont certains films récents (The limits of control et Paterson notamment) avaient déjà pu laisser dubitatif.

C’est une période antérieure de l’oeuvre du cinéaste qu’il nous est donné de voir ou revoir cet été : ses six premiers longs-métrages ressortiront en effet dans les salles en version restaurée, et ce dès le 3 juillet. Quinze ans de cinéma, allant du méconnu Permanent vacation, son film de fin d’études, jusqu’au tragique Dead Man, qui a assis définitivement la stature poétique et lyrique du réalisateur.

Il sera également possible de (re)découvrir Stranger than paradise, Caméra d’Or 1984 (Permanent vacation n’étant pas considéré officiellement comme son premier film), Down by law, Mystery Train et Night on Earth. Des déambulations au ton unique, dans lesquelles des personnages souvent esseulés confrontent leurs façons d’aborder la vie. Joyeux ou désabusés, tous ont quelque chose à dire ou à raconter. Si Night on Earth est clairement un film à sketches, dont le gimmick consiste à ne raconter que des histoires se déroulant dans des taxis du monde entier, les autres films du cinéaste possèdent également ce caractère segmenté, qui donnent au final cette impression bluesy que malgré les rencontres, la vie est un grand chemin solitaire.

Pour autant, le cinéma de Jarmusch n’est jamais plombant. Il est mélancolique, contemplatif sans tomber dans l’excès, mais il s’épanouit également dans le décalage et la causticité. Un grand mélange des genres qui naît également de l’incroyable variété des acteurs employés. Après avoir vu Down by law, on n’oubliera plus jamais le trio John Lurie – Tom Waits – Roberto Benigni. La présence conjointe de Béatrice Dalle, Isaach de Bankolé, Gena Rowlands et Winona Ryder dans Night on Earth produit le même effet. L’ensemble donne envie d’écouter du rock, du blues, de discuter avec des inconnu(e)s, mais également de revoir les films suivants du réalisateur, Ghost Dog et Coffee and cigarettes en tête.

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