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    Road to nowhere de Monte Hellman

    11 avril 2011
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    road to nowhere

    Entre mise en abyme et meurtre, Road to nowhere se construit sur le thème du film dans le film.

    Road to Nowhere met en scène un cinéaste (que l’on comprend comme étant le double de Monte Hellman), son équipe de techniciens et une actrice. Tous vont se lier dans une sombre histoire mêlant mensonges, meurtre et sentiments. Pour Hellman filmer c’est tuer. Son film est une illustration parfaite de cette idée que le cinéaste défend.

    Certains y verront de l’ennui, mais le film est rempli d’une sensualité esthétique de l’image. Une recherche du silence et de l’émotion cachée.

    Monte Hellman détourne les outils, choisissant de filmer en intégralité son film avec un appareil photo Canon 5D Mark II. Cela donne à l’image la spéculation de l’oeil du voyeur, un film épié par le spectateur. Là encore, Monte Hellman introduit une redite de la réalité dans son film, mettant en scène le même matériel, en effet, l’équipe et le cinéaste du film filment leur film avec le même Canon. Mais le cinéaste du film ira plus lui conférant à l’appareil la notion d’arme.

    Road to nowhere est un film à code, un film esthétique sur le cinéma et la vie réelle et irréelle. Plus qu’une leçon de cinéma, il faudrait y voir un regard théorique sur la notion de cinéma. L’abstraction cinématographique de Monte Hellman y est singulièrement présente mettant en avant ce monde vivant qu’il tue peu à peu.


    Sympathy for the Devil
    . Entretien avec Monte Hellman, ed. Capricci

    Le retour sur nos écrans de Monte Hellman s’accompagne de la sortie d’un livre d’entretien, qui se révèle être une formidable entrée dans le cinéma de ce réalisateur peu conventionnel.

    Dans ce livre, Sympathy for the Devil, le cinéaste se livre avec faiblisse, joie et tendresse. Il nous livre ses souvenirs, ses rencontre et ses démons.

    Découpé en chapitres, le livre est à l’image de Monte Hellman, en morceaux, inachevé, en mouvement. On le lit dans le fracas du souvenir, de l’émotion.

    « Filmer, c’est (se) tirer une balle. Remonter l’impossible piste de ce qui, à force de tourner se détourne puis se retourne contre soi pour partir en vrille, en flamme, en lambeaux. » Ces mots de Monte Hellman, nous en disent un peu plus sur le travail incessant de ce créateur unique.

    C’est avec un réel plaisir que l’on pénètre au fil des pages la pensée du cinéaste, avec la seule envie à la fin plonger dans son œuvre.

    Livia Colombani

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