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    Slough Motion Festival 2026 : retour sur la première édition du festival lyonnais

    Johanna O'Hayon 28 septembre 2026
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    Slough Motion Festival : le festival de court métrage lyonnais renaît de ses cendres

    Du 22 au 26 septembre, Lyon a vécu au rythme du court métrage. Le festival international Slough Motion a investi plusieurs lieux de la ville pour cette première édition sous ce nom.

    Une renaissance réussie

    Le choix du nom ne semble pas anodin. En effet, derrière “Slough Motion” on retrouve l’idée d’une transformation : une mue plutôt qu’une rupture. Le projet reste le même que du temps de Filmoramax : sortir le court métrage de sa niche et lui offrir la lumière qu’il mérite, puisqu’il est la source même de tout cinéma. Cependant, tout a été repensé : identité, scénographie, mise en récit du festival ; tout d’une renaissance digne de son ambition.

    Cinq jours, deux compétitions, dix pays

    Le festival a écrit les premières lignes de son histoire avec une programmation sans faute. Une compétition internationale répartie sur trois séances, une compétition régionale dédiée aux talents d’Auvergne-Rhône-Alpes, des séances hors compétition et une séance jeune public gratuite : Slough Motion vise large sans perdre en exigence. Des films venus de plus de dix pays ont été projetés, portés par des cinéastes et invités internationaux tout au long de la semaine.

    Faire rayonner le court dans toute la ville

    Le festival ne s’est pas contenté d’une seule salle : il a germé dans toute la ville. De son ouverture à l’UGC Astoria, suivie d’un gala au NV Gallery, en passant par l’UGC Confluence,  l’UGC Part-Dieu, le Fort Saint-Laurent, pour enfin boucler la boucle avec la cérémonie de clôture à l’UGC Astoria, ce samedi dernier.

    Un jury surprenant

    Coté jury, Slough Motion joue la carte d’un éclectisme maitrisé : avec Sarah Stern en présidente, suivie de Nate Mann, Lisa Vicari, et Rudy Milstein. Pour surplomber le tout, cette première édition a su faire ses preuves en étant parrainée par une figure emblématique du cinéma actuel : Sean Baker, qui a d’ailleurs ouvert le festival avec son court métrage SANDIWARA. 

    Le palmarès final 

    Cinq prix ont couronné cette première édition, et les films récompensés, d’une grande variété, ne laissent personne indifférent. Beaucoup frappent par leur résonance avec l’actualité.

    Le Grand Prix Slough Motion revient à We Were Here, film indien signé Pranav Bhasin. Il s’empare de l’ascension de l’intelligence artificielle pour interroger la place de l’humain dans un monde qui change à toute vitesse. Un sujet de son temps, traité avec une acuité qui a su convaincre le jury.

    Ensuite, Le Goût de tes écailles, du Québécois Rafaël Beauchamp, réalise le doublé en décrochant à la fois le prix de la Meilleure réalisation et le prix du public. Le film suit un jeune garçon qui découvre avec effroi le véritable visage de l’usine de poisson de son père. Un court métrage déroutant, qui invite vivement chacun à s’interroger sur ce qu’il met dans son assiette.

    Le prix du Meilleur scénario est attribué à Butcher’s Stain, de Meyer Levinson-Blount. Le film est aussi important que brûlant d’actualité et prend le pouls d’une société sous tension. Il met en scène un Israélien arabe employé dans un supermarché de Tel Aviv, accusé d’avoir arraché des affiches de personnes prises en otage dans le conflit israélo-palestinien.

    Enfin, changement d’ambiance avec le prix du Meilleur film régional qui a couronné Le Jour des adultes, de David Capsi. L’histoire se déroule chez Gribouilleurs SARL, un cabinet d’architecture pas comme les autres où les employés ont gardé leur âme d’enfant. À l’approche de la grande soirée de Noël, Stéphane trépigne d’impatience : un invité très spécial est attendu. Un beau coup de projecteur sur la création en Auvergne-Rhône-Alpes.

    Le pari d’une nouvelle génération

    Cette première édition pose des bases solides : une programmation ambitieuse, un investissement complet de la ville, un jury de qualité. De quoi donner toutes les raisons de croire en l’avenir de ce festival naissant. Si le pari de la transformation est tenu, Slough Motion pourrait bien s’imposer, année après année, comme un rendez-vous incontournable pour le court métrage.

    Johanna O’Hayon

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