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À la rencontre d’Armoni et de son univers musical poétique

4 juillet 2022
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© Clfd Capture

Rencontre avec Armoni, une artiste clermontoise qui mêle musique acoustique et électronique avec beaucoup de curiosité artistique. Elle nous embarque dans un univers très poétique grâce à l’équilibre parfait entre son violon et sa musique électronique. 

Pour commencer, pourrais-tu te présenter ?

Je m’appelle Marion Lhoutellier, alias Armoni sur scène en solo. Je suis violoniste, musicienne et je compose également.

Quel est ton parcours artistique ?

J’ai d’abord appris le violon classique pendant de nombreuses années. Puis je suis partie sur les musiques du monde qui m’ont beaucoup intéressée, notamment dans leur rapport au corps et la danse qui va avec. La façon dont on peut entrer en transe… Tout ça m’a beaucoup parlé.
Par la suite, j’ai fait d’autres rencontres qui m’ont amené dans des univers de musiques actuelles qui m’étaient inconnus jusqu’alors. C’est ainsi que j’ai découvert les musiques électroniques. J’utilise aussi ma voix en autodidacte, tout comme les claviers. Je suis encore en processus d’expérimentation et d’exploration par rapport à cet instrument. Les synthés que j’utilise sont des synthés que je connais bien depuis quatre, cinq ans, donc je ne m’en lasse pas ! Et justement, j’aime bien mélanger les textures. Et puis les rencontres, les copains, m’apprennent également des choses.

Tu as parlé de l’intérêt que tu avais pour la danse, en fais-tu ?

La danse est une pratique que j’admire et que j’adore. C’est quelque chose vers lequel je tends, j’aimerais beaucoup développer cela. Mais ça reste un rêve assez lointain, bien qu’on utilise beaucoup le corps avec les instruments.

Comment t’est venue l’envie de mêler musique électronique et violon ?

Ce qui m’intéressait dans les musiques électroniques, c’est qu’on pouvait transformer les sons. Un son brut peut avoir une toute autre forme, un tout autre sens, après quelques modifications par des effets. J’ai beaucoup travaillé le son acoustique de mon instrument : c’est un savoir-faire technique avec mon corps, mes mains, d’arriver au son que je voulais. Puis, j’ai pu ajouter une étape supplémentaire à tout ça : la transformation des sons. C’est là que je souhaitais aller.

Quelles sont tes inspirations, musicales ou autres ?

Je suis assez inspirée par les musiques du monde. Les rythmiques que j’y retrouve me parlent beaucoup. Ça ne s’entend pas forcément dans ma musique mais je sais qu’il y a des choses que je sors qui en sont vraiment imprégnées. En ce moment, j’écoute pas mal l’artiste La Chica. Elle m’a beaucoup inspirée avec son album qui mêle des prods, de l’électro, avec sa voix et son piano. Elle aussi vient d’un univers acoustique et est capable d’aller vers quelque chose de plus hybride, tout en réussissant à interpréter un chant traditionnel piano, voix ou a cappella. C’est une démarche très inspirante pour moi.

As-tu un processus de création particulier ?

Ça passe par une écoute intérieure assez forte. J’ai souvent des bouts de mélodies qui me traînent dans la tête et des fois, quand ces mélodies sont trop présentes dans mon esprit, je les pose. En général, je sors tout mon matos. Puis à partir de ce petit bout de mélodie qui me reste, je vais la faire tourner en boucle et improviser dessus. J’explore ce que ça veut dire et à partir de là, je sors des accords, des mélodies, des rythmiques… S’en suit une petite phase de montage sur ordinateur où je traite mes sons et redéfinis une structure. Soit je continue dans ce processus, soit je retourne à l’impro et repars de zéro. C’est en général au bout du troisième essai que j’arrive à quelque chose qui me convient.

Tu crées donc chez toi ?

Oui, je crée depuis chez moi mais j’aime aussi beaucoup aller chez mes parents. Il y a un grand espace vert, la nature derrière les fenêtres, c’est très apaisant et ressourçant comme endroit. J’aime bien me faire des sessions de deux semaines là-bas.

Comment définirais-tu ton univers musical ?

C’est un univers assez poétique, qui mêle beaucoup d’éléments de langage différents et qui est plutôt riche harmoniquement. Il s’agit d’un voyage où l’on peut passer par des phases assez brutales, et d’autres plus dansantes, mélancoliques. J’aime jongler avec les émotions, par le biais de poèmes ou de petites phrases qui raisonnent. Ma musique est très liée à ce que je vis au quotidien et pour chaque morceau, j’ai une émotion assez présente.

Tu as été sélectionnée cette année pour faire partie des iNOUïS du Printemps de Bourges. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

Ça m’a d’abord apporté énormément de choses d’un point de vue professionnel. On a eu une formation d’une semaine avec plein d’intervenants, des maisons d’édition, des bookers… On venait tous d’endroits différents et on a vécu une expérience très forte émotionnellement, où l’on s’est tous soutenus. C’était de très belles rencontres et j’aimerais les revoir à nouveau, créer des collaborations.

As-tu des envies de projets particuliers ou des choses qui te motivent en ce moment ?

J’aimerais beaucoup bosser avec des rappeurs en mettant mon violon sur des prods à eux, pour voir ce que je pourrais apporter au niveau des instru, des sons. J’ai aussi un lien avec le FRAC Auvergne et j’ai eu la chance de faire une création à partir d’une œuvre de Miryam Haddad. Je suis allée prendre des sons dans le musée, je me suis imprégnée de l’histoire de l’artiste, de ce qu’elle a voulu dire dans cette œuvre, et j’en ai fait une œuvre musicale. J’aimerais beaucoup m’ouvrir à d’autres formes d’art, voir comment lier tout cela. Pourquoi pas également travailler avec un danseur ou une danseuse. Il y a beaucoup de choses que j’aimerais explorer. Aller un peu plus loin dans la création de scéno lors de mes lives par exemple, en apportant un côté encore plus poétique dans mes performances.

Propos recueillis par Thaïs Moncalvo 

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