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    David Zinman – Gautier Capuçon

    16 novembre 2014
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    GautierCapucon_c_NicolasBrodard

    David Zinman et Gautier Capuçon

    Le jeudi 20 novembre 2014

    Salle Pleyel
    252, rue du Faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris

    M° Ternes

    Le jeudi 20 novembre 2014

    L’Orchestre de Paris dans l’attente de l’ouverture de “sa” Philharmonie.

    Encore deux mois et l’Orchestre de Paris prendra définitivement place dans ses nouveaux locaux, Porte de Pantin. Nul ne sait comment cette salle de 2400 places se remplira aussi loin du public traditionnel de la musique dite classique. Nous verrons bien.

    Pendant ce temps, l’Orchestre de Paris entame un premier tiers de saison à Pleyel, dans une programmation plutôt académique.
    Ce concert du jeudi 20 novembre semble faire exception. Il est l’occasion de retrouver le chef américain David Zinman, bientôt 80 ans, mais dont la renommée en France a été relativement tardive. De petite taille, quoique corpulent, il dirige les pieds joints et se contente de quelques gestes pondérés, comme s’il souhaitait prendre le temps de laisser les musiciens venir progressivement à lui. Si, dans les tutti, le mouvement de ses bras prend de l’amplitude, le reste du temps il ne bat presque pas la pulsation.

    Programme éclectique donc, avec en entrée l’Ouverture de Benvenuto Cellini de Berlioz, dont la musique, peu jouée, est toujours un plaisir à entendre. L’orchestration y est, comme toujours, surprenante, si l’on en croit ces étonnants arpèges de bois au début de l’œuvre ou encore cette phrase très grave donnée aux bassons et à la clarinette basse. Dans la deuxième partie, plus enlevée, on retrouve mieux l’esprit du final de la Fantastique. La fin est grandiose et l’orchestre semble très impliqué.

    Vient ensuite la Symphonie pour violoncelle et orchestre de Britten. Peut-être l’œuvre la plus “difficile” du compositeur anglais. Nous sommes en 1964, et il sort alors d’une longue période d’écriture vocale. Peut-être s’est-il senti obligé d’incorporer, à sa manière, des éléments d’écriture moins traditionnels, en pleine période de sérialisme triomphant.
    Le chef et le soliste Gautier Capuçon exécutent l’œuvre tous deux avec partition. Le premier mouvement est âpre, sombre et décousu dans l’écriture. Le violoncelliste est pourtant d’un engagement total et porte littéralement le discours musical. Le deuxième mouvement a quelques fulgurances, la symbiose dans la rapidité des réponses entre tous les instruments est magnifique. L’adagio est d’une belle intensité et conduit naturellement à l’admirable cadence de violoncelle. Enfin, le dernier mouvement, le seul à proposer une écriture un peu harmonique, déploie des sonorités envoûtantes. Saluons la parfaite maîtrise de l’écriture instrumentale du compositeur anglais, avec une très large palette orchestrale, le violoncelle n’est jamais couvert.

    On ne présente plus la Troisième symphonie de Schumann. Le chef la dirige d’ailleurs par cœur. À nouveau, il demeure un peu contemplatif devant l’orchestre. C’est dommage. Il est parfois difficile, dans cette œuvre au tissu orchestral dense, de l’extirper d’une certaine lourdeur. Il n’y arrive pas. Il n’en sera pas moins applaudi triomphalement par le public de la Salle Pleyel.

    [Crédit Nicolas Brodard ]

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