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La pédale de guitare, focus sur celles d’occasion d’Effects Area

12 novembre 2022
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La guitare est la plume du guitariste. Néanmoins, et nous pouvons avoir tendance à l’oublier – notamment dans l’univers de la guitare électrique – mais seule, celle-ci ne pourrait pas fonctionner correctement. Fils, câbles mais également pédales sont nécessaires à faire ressortir et ressentir le son de ce magnifique instrument aux multiples facettes. Le jeu d’un Steve Vai ne sera pas le même que celui d’un Buckethead ou encore d’un Petrucci, voire d’un Tinsley Ellis, en fonction de la gratte utilisée mais également de la pédale qui lui sera assortie pour pouvoir faire résonner l’effet escompté.

Aujourd’hui, nous vous proposons donc un focus sur la pédale de guitare et de basse, et plus particulièrement sur celles d’occasion proposées par Effects Area. C’est grâce aux explications d’Anthony Aillaud, son fondateur, que nous voici lancés à travers cette interview écrite, dans la présentation des petites cerises de ces gâteaux électrisés et tellement badass.

Anthony Aillaud

Commençons par le commencement. Pourquoi avoir voulu t’intéresser spécifiquement à la pédale, qui plus est d’occasion, plutôt qu’à l’instrument de la guitare électrique en tant que tel ? 

Je suis un gros fan de musique et plus particulièrement de rock. J’ai toujours voulu travailler dans ce secteur mais je n’ai jamais eu l’opportunité d’œuvrer en tant que musicien. Entre les études, les choix de vie, etc, c’est compliqué ! C’est après le confinement que j’ai voulu développer une activité en accord avec ma passion et mes compétences professionnelles.
J’avais depuis longtemps pour objectif de lancer un business dans le matériel d’occasion. En réalité, il n’y avait pas énormément de concurrence mise à part les très grosses entreprises comme Woodbrass ou Thomann. Comme j’ai tout fait avec mes propres fonds, je me suis rendu compte que si je ne me focalisais que sur les guitares, ça allait être compliqué, sans compter les risques (casse, défauts de fabrication…).

Faire quelque chose autour des pédales me paraissait plus pratique et surtout, cela répondait à une demande existante et à un engouement pour le marché de l’occasion. Souvent, ces pédales d’effets ont des designs sympathiques, qu’il est possible de mettre en avant. Comme leur prix est bien souvent plus bas qu’un instrument, ça se consomme plus facilement et si on change d’avis par la suite, il est très aisé de les revendre. Il est possible de commencer à trouver des produits intéressants aux alentours de 70€ en occasion, ce qui n’est pas forcément le cas pour les guitares ou les basses. Niveau taille également. Il est bien plus facile de stocker une collection de 20 pédales que de 20 guitares ! Bien évidemment, elles peuvent te suivre toute une vie mais c’est en partie la raison pour laquelle je me suis intéressé aux pédales.

Et pour revenir à ce que je disais plus haut, j’ai toujours détesté le marché du neuf. Quand tu vois que la plupart des pédales d’effets neuves coutent 200€ alors que tu peux trouver le même modèle en occasion dans un excellent état à 110€, le choix est vite fait ! La machine était donc lancée.

Partie du studio

Pourquoi avoir voulu créer Effects Area ? Quels étaient tes objectifs ? Et pourquoi ce nom ?

J’ai eu un déclic pendant le premier confinement. Je venais de terminer un CDD, je me suis retrouvé sans rien et il était hors de question de rester sans rien faire justement. J’ai donc décidé de lancer Effects Area mais à la base, c’était plus un exercice pour la suite.
Ce que je comptais faire au départ, c’était montrer aux entreprises ce que je pouvais créer et valoriser mon C.V. Bien entendu, j’avais espoir que ça fonctionne quand même et je voulais arriver à en vivre. J’ai rapidement fixé un objectif de vente mensuel et repris mes anciens réflexes d’école de commerce (ROI, marketing, etc.).

Quant au nom, Effects Area, il est sorti lors d’une longue séance de brainstorming avec mon meilleur ami (La zone des effets, de pédales donc : simple, stylé et efficace). En fait, c’est ce dernier qui m’a aidé à développer la première version du site à l’époque. Malheureusement, les choses se sont un peu compliquées par la suite… C’est comme ça !

Entrons désormais dans le vif du sujet. Peux-tu nous expliquer ce qu’est une pédale de guitare et à quoi sert-elle ? J’ai vu que tu en proposais de toutes sortes et notamment des rares.

De manière simplifiée, une pédale d’effets sert à modifier le signal d’origine de ta guitare ou de ta basse et donc à changer ton son final. Des pédales d’effets, il en existe de très nombreux types. Des transparentes qui vont apporter quelque chose en plus à ton son d’origine mais aussi des plus extrêmes, qui vont radicalement changer le rendu de ta guitare et même transformer ta guitare en instrument totalement barré ! En effet, il est dit qu’une pédale est transparente lorsqu’elle ne va pas dénaturer le son de base de la guitare et de l’ampli. Je prends un exemple : tu as un Marshall JCM800 que tu aimes, tu cherches donc une pédale pour le booster légèrement mais tu ne veux surtout pas qu’il sonne différemment. Ainsi, tu vas chercher un booster transparent qui va simplement le faire monter dans les tours.

Pédale Mad Professor inspirée d’un Marshall JCM800

À l’inverse, on dit qu’une pédale est colorée, plus “extrême”, lorsqu’elle va vraiment “dénaturer” le signal d’origine. En gros, tu as un ampli très neutre et tu aimerais te rapprocher d’un Vox AC30. À savoir qu’il existe des pédales colorées qui vont “copier” le rendu d’un Vox et hop ! Tu auras un rendu proche de cet ampli. Les pédales d’effets vont surtout te permettre d’enrichir ta palette sonore, un peu comme si un peintre débarquait avec les couleurs primaires et décidait de les enrichir en faisant des mélanges. Ici, c’est pareil.

Quitte à sûrement briser un mythe profondément ancré et décevoir beaucoup de monde, je n’utilise que très peu de pédales au quotidien. Déjà parce que je suis seulement guitariste rythmique et chant dans mon groupe, je ne fais que de l’accompagnement. J’ai donc surtout besoin d’un bon gros son mais pas de 1000 fantaisies, je laisse ça au guitariste soliste qui lui, utilise 7/8 pédales ! Je dirais qu’on trouve plus de pédales d’effets dans la pop/rock que dans le metal. Dans le metal, c’est avant tout un bon ampli bien burné et une TS9 !

De manière plus générale, pourrais-tu prodiguer quelques conseils aux futurs gratteux qui voudraient se lancer ? 

Je ne suis pas musicien professionnel et j’ai encore énormément à apprendre moi-même donc pour les conseils, on repassera. Plus sérieusement, je pense que le plus important est avant tout de se faire plaisir. Je déteste les gens qui cherchent à imposer une vision X ou Y de l’instrument. Chacun est libre de progresser à son rythme ! Il y a quand même quelques règles inévitables à connaître et à travailler mais il faut d’ores et déjà aimer pratiquer. Je pense que ça doit véritablement rester une passion. Et même si on doit passer par des moments délicats pour progresser, il faut toujours voir au-delà et penser au plaisir que cela nous procurera de réussir à passer ce cap.

Concernant les pédales, c’est très délicat de répondre. Au risque de décevoir les puristes, je pense que ça peut être intéressant pour un débutant de commencer avec des simulations. Certes, le rendu ne sera pas comme avec des pédales analogiques mais au moins, ça permettra de découvrir tous les effets et leurs interactions, quitte ensuite à passer sur du “vrai”. Car pour faire simple, la pédale analogique est la pédale d’effet “originelle”. Dans les pédales d’effets, il y a des composants pour donner tel ou tel rendu. Dans les modèles analogiques, on ne retrouve que des composants analogiques, c’est-à-dire des transistors, des diodes… mais pas de “microprocesseurs” ou autres pièces que l’on trouve dans les ordinateurs.
De manière générale, les pédales analogiques ont un rendu plus fidèle, plus chaud et donc plus “vrai”. Mais elles sont également plus limitées que leurs consœurs numériques, même s’il existe aussi des hybrides rassemblant les deux technologies.

Quels sont les modèles qui se vendent le mieux et à quel genre de musicien ?

Les modèles que je vends le plus sont les saturations, suivis des overdrive distorsion et des fuzz. C’est bien connu, les guitaristes adorent maltraiter leur signal. Difficile de dire qui sont les plus gros consommateurs car ce sont souvent des amateurs qui veulent se faire plaisir.

Pédale Source Audio Spectrum

Sur quelle(s) pédale(s) et guitare(s) joues-tu ? Et quels morceaux pourraient symboliser ta carrière, ton projet ?

Délicate question que le matériel ! J’ai beaucoup tourné pour être honnête. Ma première pédale était une Vox Satchurator… Je l’avais achetée quand j’avais 17 ans, c’était ma première pédale analogique et c’était une vraie m**** ! Mais bon, elle n’était pas chère et surtout, je l’avais achetée en même temps qu’une MXR Phase 90 qui elle était cool. Désormais, j’utilise la Boss GE7 modifiée de chez Msm Workshop, que je salue d’ailleurs. Il s’agit d’une pédale d’égalisation, ça ne produit pas d’effet mais ça permet de modifier les fréquences de ta guitare et ça, c’est la pédale que, de mon point de vue, 100% des guitaristes devraient utiliser.

Pédale Boss GE7

Pour faire un petit focus sur les fréquences d’une guitare, il faut savoir que l’on est plutôt dans le registre du médium. Une guitare commence dans le low – un HP commence à travailler de manière intéressante aux alentours de 90HZ – et se termine dans le très haut. Mais les fréquences les plus intéressantes de la guitare se situent dans les médiums et hauts médiums. Après, tout dépend des guitares : certaines comme la Telecaster sont plus généreuses dans les fréquences hautes que d’autres mais voilà, c’est une bonne base.

Pour le style que l’on fait, j’utilise une très vieille BIG MUFF estampillée made in URSS pour un son très roots. Pour ma part, un bon son roots c’est un ampli Orange bien poussé et bien gras. Après, je lui colle un petit overdrive (saturation plus soft que la distorsion, qui va pousser ton signal pour le tordre et faire saturer l’ampli), pour mieux la contrôler. De ce côté-là, j’utilise une MXR Custom Shop II Diavolo et … c’est tout ! Est-ce que je peux compter mon accordeur au format pédale de chez TC ?

Pédale MXR Custom Shop II Diavolo

Ampli DV Mark Amp utilisé par Anthony

À la maison, je travaille beaucoup en son clair avec la reverb à ressort intégrée sur mon Rivera, je trouve que c’est le top pour apprendre à jouer propre.

Niveau guitare, j’ai commencé en 2008 et je crois que j’ai possédé au bas mot une cinquantaine de pelles. En ce moment, j’utilise principalement 3 guitares : une Fender Telecaster signature Brad Paisley, une Gibson Les Paul Special en P90 et une ancienne Epiphone Les Paul du milieu des années 1990 que j’ai entièrement modifiée et qui sonne plutôt bien !

Enfin, en ce qui concerne les morceaux, j’écoute tellement de choses. Mais si je devais retenir 3 chansons inspirantes, je dirais Slow Dancing in a Burning Room de John Mayer, Africa de Toto et l’album Take Off Your Pants And Jacket de Blink-182.

Vous l’aurez compris, la pédale d’effets n’est pas qu’un simple accessoire de guitare ou de basse mais en est une réelle continuité car sans elle, le petit plus, “ce goût de mieux” ne pourrait exister et cela, Effects Area l’a bien compris. Proposant des pédales d’occasion de qualité pour guitares et basses, allant de la reverb à la saturation en passant par la modulation, l’entreprise niçoise propose un large panel de pédales qui pourront satisfaire tout type de guitariste et bassiste. Alors maintenant, musiciens d’aujourd’hui et de demain, vous savez quoi faire !

Plus d’informations sur le site Internet d’Effects Area.
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Propos recueillis par Sarah Leclerc

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