Lyon enchantée des Nuits de Fourvière
La ville de Lyon a résonné des spectacles qui se sont tenus deux mois durant sur la colline de Fourvière, au sein des Théâtres Gallo-Romains. Et le lieu y est pour beaucoup dans la magie de l’évènement. Une acoustique d’exception, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et un point de vue unique sur la ville. C’est dans ce cadre que « Les Nuits de Fourvière » accueillent chaque année plus de 100 000 spectateurs. Pour cette édition 2009, les classiques du théâtre, de l’Opéra et de la danse (Cassandre, La Traviata, Didon et Enée) ont côtoyé les spectacles et concerts de variétés (Hommage à Boris Vian, Amadou et Mariam, Tracy Chapman, Caravan Palace). Une mixité qui peut perdre le spectateur dans un dédale de spectacles, et une programmation qui peut avoir l’air aussi séduisante qu’un peu « fourre-tout ».
En ouverture, le festival a vu grand en proposant une version déjantée et délirante de « La Flute enchantée » de Mozart interprétée par un orchestre multiethnique. Composé de musiciens indiens, brésiliens, cubains, argentins, sénégalais, tunisiens, l’Orchestra di Piazza Vittorio présentait sa première mondiale à Lyon. C’est certains, si vous n’aimez pas qu’on puisse entendre dans la musique de Mozart des motifs disco, des riffs reggae, des thèmes de bossa nova ou de raï, le spectacle est difficile à digérer. Mais si vous vous accordez le droit de transpirer et de chanter sur Mozart, le moment est grisant. Percutante et originale, la flûte revisitée est subtilement arrogante.
Alors que la soirée « Hommage à Boris Vian » devait offrir un spectacle passionnant, c’est un show un peu fade, assuré par une brochette de personnalités qui semblent avoir mal trouvé leurs marques dans ce spectacle qui fut pauvre en swing. Agnès Jaoui est bien plus convaincante devant les caméras qu’un micro (Le déserteur) et Daniel Darc aurait pu nous épargner ses digressions politiques. On doit notamment le charme de cette soirée à la délirante et impressionnante Carmen-Maria Vega et à Arthur H, juste et charismatique dans l’Âme Slave.
Afin de mettre un point final aux Nuits de Fourvière 2009, Ayo puis Amadou et Mariam ont offert un concert savoureux. A 28 ans, Ayo impressionne par son agilité à passer de la soul au funk, où des riffs reggae sont toujours présents. Et quand, dans un flow précis et juste, elle se fait chanteuse de hip-hop, Ayo dévoile l’étendue de ses influences et de son talent. Après une courte pause, le couple Malien Amadou et Mariam apparaît sur scène, avec la tendresse et la joie qu’on leur connaît. A la manière de chefs d’orchestre d’un grand bal populaire, ils partagent leurs anecdotes (Batoma, Magossa), leur amour du Pays (Welcome to Mali) et leur tendresse amoureuse (Je pense à toi). Amadou et Mariam ont navigué avec aisance dans cette étape d’un grand voyage de deux mois. Le rendez-vous est pris pour 2010 !
François VASSEUR
www.nuitsdefourviere.fr
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