Magnetix – Drogue Electrique – Nouveau Casino
La première partie est assurée par le groupe Gaz Gaz, de Perpignan. Leur 45 tours, sorti il y a quelques mois sur le label Eighteen Records, proposait des morceaux plutôt entraînants, festifs. Or, la version live des chansons est un copier-coller des versions studio… Autant dire que le déplacement était inutile. Pour les néophytes, Gaz Gaz est né de la fusion de deux autres formations bien connues du milieu: les Sonic Chiken 4 et les Liminanas. La chanteuse des Liminanas reste froide, visage fermé, tandis que les garçons se déchainent à côté, sur des riffs pas vraiment originaux. Le manque d’inventivité aurait pu être compensé par un show enlevé… Dommage. On s’en tiendra aux Sonic Chiken 4.
Les Magnetix arrivent cependant pour réveiller cette salle, un peu endormie, mais bien remplie désormais. Deux minutes leur suffisent pour redonner à la foule l’hystérie qu’elle était venue chercher, la claque qu’elle voulait prendre. Ils livrent un set complet. Leurs nouveaux morceaux nous emmènent vers une sphère électrique, vibrante, à la limite de l’inquiétant. La transe peut commencer. Ils jouent aussi quelques tubes comme « Living in the box », conscients du lynchage qui les attend s’ils ne s’y collaient pas.
Pour le public régulier de cette scène rock française, aller à un concert des Magnetix relève du rituel, de la tradition garage. On connait le mal aux cervicales du lendemain matin, à force de coups de tête furieux durant tout le concert. On reconnaît aussi l’état de la gorge. La voix qui semble avoir pris cinquante ans en une nuit ; à force de hurler les paroles afin que le chanteur puisse vous entendre lui aussi… Ne jamais tenter de battre un ampli. Et pourtant, malgré ces lendemains convalescents, on y retourne dès qu’on peut. Parce-que les Magnetix constituent une vraie addiction pour qui a soif de « drogues électriques ». Mais si le public n’évolue pas (du moins pour certains…), le groupe lui, a franchi une étape avec ce nouvel album. Ils semblent s’être engagés dans une recherche, un approfondissement des sonorités déjà ébauchées auparavant. Le texte se fait plus rare, on est loin de Mort clinique, (l’une des meilleures chansons du rock français). On est au-delà de ça, une sorte de coma épileptique. Et ils prennent un plaisir visible à épuiser le public. Ils ne s’arrêtent pas de jouer, ne ralentissent jamais la cadence, et la foule expire de convulsions jouissives et éreintantes.
Les Magnetix, un rituel donc, mais qui ne se fait pas à chaque fois sur la même musique. Voilà deux musiciens que le succès relatif n’a pas amputé de leur talent. Ils continuent simplement à faire leur job : composer et surtout, faire du bruit !
Nathalie Troquereau
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