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Rencontre avec Jean Sébastien Scotton, trombone solo à l’ONPL

18 novembre 2020
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© Moya Trombones

Rencontre avec un musicien aux multiple casquettes : Jean-Sébastien Scotton, tromboniste solo à l’Orchestre National des Pays de la Loire (ONPL), mais aussi professeur de trombone au Conservatoire de La Roche-sur-Yon et chef d’orchestre de l’orchestre philharmonique de la Roche-sur-Yon.

Dans un premier temps, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Jean-Sébastien Scotton, je suis originaire d’Annecy en Haute-Savoie, j’ai 37 ans et je suis tromboniste, trombone solo à l’Orchestre National des Pays de la Loire. À côté de ça, je suis marié et j’ai deux petites filles.

Quel a été votre parcours pour en arriver là ?

J’ai fait le Conservatoire d’Annecy jusqu’à mes 18 ans, puis j’ai fait un an à Rueil-Malmaison pour des études de musique, en trombone surtout mais il y avait aussi toute une branche théorique. Ensuite, je suis rentré à la Haute École de Musique de Lausanne pour 5 ans et j’ai passé ce qui correspond aujourd’hui à un master en trombone.
J’ai commencé par jouer dans des orchestres en freelance, notamment dans l’Orchestre de Chambre de Lausanne et l’opéra de Turin. Ce sont des orchestres dans lesquels je n’étais pas titulaire. J’ai passé une audition de remplaçant et quand ils avaient besoin de trombonistes supplémentaires, ils m’appelaient.

Comment se passent les sélections pour rentrer dans les orchestres quand on est en freelance ?

Ça se passe comme pour un concours d’orchestre, il y a un programme imposé et une date à laquelle on joue. On est entre 20 et 50, pour les concours d’orchestre ils en choisissent un et pour les auditions ils en choisissent deux ou trois. Pour l’ONPL, j’ai passé un concours d’orchestre.

Qu’est-ce qui vous anime le plus en tant que musicien ?

Ce qui m’anime le plus c’est de faire des concerts, ce qui n’est pas trop possible en ce moment. En tant que musicien, j’aime jouer avec des bons chefs et du répertoire qui me plaît comme du Mahler, du Ravel ou du Strauss.

Comment s’organise votre activité de musicien au sein de l’ONPL en temps normal ?

Pour un programme, il y a à peu près cinq ou six répétitions. On reçoit les partitions avant, au début de la saison. Quand on connait le programme, on connait aussi les pièces, on sait si il y en a des plus difficiles et on n’attend pas de recevoir la partition pour commencer à les travailler, on cherche de notre côté. On fait environ 60 concerts par an, avec une vingtaine de programmes. On les joue ensuite deux fois à Nantes, une fois à Angers, une fois à La Roche, au Mans, et on tourne dans la région. Il n’est pas rare qu’on répète un programme et qu’on fasse un seul concert.

Comment gérez-vous la situation sanitaire actuelle ?

En ce moment on peut répéter ensemble, l’orchestre a le droit de faire des enregistrements ou des répétitions. La semaine prochaine par exemple, on va faire un enregistrement de Pierre et le Loup et la semaine d’après, il y aura un autre programme qui sera capté par une radio puis diffusé, mais sans public.

Comment opérez-vous votre choix de programme en tant que chef d’orchestre ?

Je choisis des morceaux que j’aime bien pour commencer et qui soient faisables en fonction des musiciens que j’ai en face. J’arrange aussi les morceaux pour qu’individuellement ils puissent les jouer, et qu’ils puissent être adaptés à la formation de l’orchestre. Par exemple, faire du Mozart avec une harmonie, ce n’est pas très adapté. Il faut choisir un répertoire adapté à un orchestre à vent.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le métier de professeur de trombone ?

Déjà en tant que musicien, le fait d’enseigner ça fait progresser, se poser des questions. Des choses évidentes qu’on aurait oublié d’appliquer et qu’on est obligé de rabâcher aux élèves. La motivation c’est de faire grandir les élèves et de leur donner la passion de la musique. Actuellement, j’ai dix élèves entre 7 et 52 ans. J’ai même eu une élève de 77 ans lorsque j’étais en Haute-Savoie.

Est-ce que vous avez d’autres activités dans le domaine musical ?

J’ai gardé un groupe sur Genève, un quatuor de trombones. Le principe c’est de faire un spectacle qui mélange théâtre et musique, avec des mises en scène. On joue tout par cœur et ça se présente un peu sous forme de sketchs. Ce n’est pas un concert classique traditionnel. En ce moment on est en phase de création car l’un des membres du groupe est parti donc on le remplace et on fait un nouveau spectacle. Mais géographiquement, c’est un peu compliqué : il y en a un à Brest, un à Montpellier, un à Genève et moi je suis à Nantes. Il faut trouver des jours où l’on est tous disponibles, ça avance lentement mais on se fait des sessions de quelques jours pour apprendre le spectacle. Les plus grosses années avec l’ancien spectacle, on faisait peut-être vingt représentations par an et sinon une dizaine environ par an.

© Moya Trombones

Comment vous organisez-vous lors de l’élaboration du spectacle ?

Chacun fait ce qu’il peut faire. Moi je m’occupe de tous les arrangements et de réécrire les partitions parce qu’on fait nos propres arrangements, il y en a un qui est plus doué pour trouver des dates de concert, qui démarche plus, et un autre qui est plus à l’aise avec les conservatoires, qui nous vend auprès d’eux et nous trouve des projets pédagogiques. Pour la mise en scène, on a un metteur en scène car même si toutes les idées viennent de nous, lui nous aide à les mettre en place.

Plus d’informations sur le site internet du groupe Moya Trombones et sur le site internet de l’ONPL.

Propos recueillis par Marcie Dupont

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