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    Skopja : “Ranger un artiste dans un style particulier c’est devenu mission impossible”

    Alizée Bourgeois 25 novembre 2020
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    © Skopja

    Skopja, étudiant originaire de Normandie et artiste bordelais, nous présente ici son travail de MAO (musique assistée par ordinateur). Skopja c’est aussi une électro sans frontières, à découvrir absolument. 

    Tout d’abord une petite question de présentation. Veux-tu nous parler de ton parcours et l’origine de ton nom d’artiste ?

    Salut ! Pour vous présenter un peu le projet Skopja, c’est une idée qui a émergé il y a environ deux ans. J’ai choisi ce nom en référence à Odesza, un de mes groupes favoris, et j’ai choisi la capitale de la Macédoine, Skopje, car j’y avais été en voyage scolaire, tout simplement. J’ai commencé la musique sur le tard, j’ai pris des cours de guitare au lycée et je me suis lancé dans la MAO (ndlr : musique assistée par ordinateur) dans la foulée. Cela fait donc environ six ans.

    Peut-on qualifier ta musique de “musique électro” ou est-ce plutôt un style “hybride” ?

    Je pense que globalement la musique s’affranchit de plus en plus des genres, chaque artiste fait converger les styles qui le touchent le plus. C’est pour ça qu’aujourd’hui, ranger un artiste dans un style particulier c’est devenu mission impossible. Personnellement, je suis influencé par des artistes comme Fakear, Flume, Bonobo mais aussi par Alt-J, Foals ou encore Guts. Je suis tout à fait d’accord sur le côté hybride, je n’en suis encore qu’au début de mes expériences musicales et je n’ai pas envie de me limiter à l’électro.

    Ton univers musical est coloré (musiques/pochettes), c’est exaltant ! On sent une inspiration exotique, extra-occidentale du moins. D’où vient-elle ?

    Oui, c’est vrai ! Je dirais qu’on est toujours attiré par ce qu’on ne connaît pas ou ce qu’on ne possède pas. Quand tu es sur ton bureau, derrière ton interface de composition un peu austère, tu as envie d’apporter quelque chose de “catchy”. Du moins, c’est ce que je recherche personnellement. J’ai beau composer essentiellement en mineur, j’ai un penchant pour les mélodies joyeuses. Le côté exotique, il vient probablement de ce que j’ai été amené à écouter depuis mon enfance et qui m’a grandement influencé, je pense notamment à Geoffrey Oryema, Manu Dibango, la musique des films de Miyazaki…

    Visuel du titre Tilikum – © Skopja

    Tu as plusieurs plateformes de partage (SoundCloud, Facebook, Instagram, Spotify), est-ce que tu gères seul ces pages ? Te charges-tu de la communication et des visuels de tes projets ?

    En multipliant les lieux de présence, je n’avais pas anticipé la quantité de travail que cela engendrait. Je dirais que sur l’ensemble du temps que je consacre à la musique, 50% doit être dédié à la partie communication, gestion des réseaux, mise à jour des plateformes et distribution des morceaux. J’ai dessiné mon logo mais c’est un ami qui me l’a digitalisé (merci Clément !). Il y a un côté décourageant car tu y passes énormément de temps avec des retombées assez maigres mais c’est un passage obligé si tu veux passer au niveau supérieur. Ce qui n’est pas encore mon cas, mais je ne perds pas espoir !

    Les titres sont-ils le reflet de l’univers de tes morceaux ou ont-ils une symbolique particulière ?

    Les titres de mes morceaux arrivent souvent en dernier. En composant, je tente des choses et je vois où ça me mène. Si je ressens quelque chose de particulier, je sais que je vais aller au bout du morceau et qu’il trouvera sa signification tout seul, je n’ai plus qu’à trouver le mot adéquat.

    Comment as-tu commencé à partager ta musique ? Était-ce un souhait que tu avais depuis toujours ou y a-t-il eu un déclic ?

    J’ai commencé à les poster sur SoundCloud il y a près de trois ans, mais j’ai essayé de structurer le projet Skopja il y a environ deux ans. Au départ, ça me permettait surtout de partager mes morceaux avec mes potes pour qu’ils me donnent leurs avis. Puis petit à petit, je me suis dit que ça pouvait plaire à d’autres gens. Cette année, avec mon arrivée sur les plateformes de streaming, j’arrive à dépasser le cadre des amis et des amis d’amis pour atteindre des gens à travers le monde. Même si ce n’est que quelques écoutes, c’est fascinant de se dire que notre musique a atteint quelqu’un de l’autre côté du globe.

    Comment composes-tu ta musique ? Est-ce exclusivement de la musique enregistrée/des samples ?

    J’utilise en effet beaucoup de samples, notamment pour les voix. Je les découpe et les réarrange à ma sauce afin d’obtenir ce que je veux. En général, je commence par plaquer des accords sur mon piano puis je construis autour. J’arrange et commence à mixer assez rapidement, ça me permet d’avoir une vision plus nette de ce que cela va pouvoir donner. Cependant, ma méthode évolue. J’essaie de me tourner vers quelque chose de plus rythmé, avec moins de voix mais plus de superpositions mélodiques.

    Peux-tu nous partager tes inspirations, un bout de ta playlist ou un artiste que tu adores, avec lequel tu aimerais travailler un jour ?

    Si je ne devais en citer qu’un, ce serait celui qui m’a donné envie de faire de la musique : Fakear. Je le suis depuis ses débuts et son évolution est particulièrement intéressante, notamment sur son dernier album. Sinon, en ce moment des artistes comme Lxury, Myd, Jai Paul, Wolfram, Pouvoir Magique, Kaytranada et Kölsch m’inspirent beaucoup.

    Durant cette période trouble, qui reste un temps privilégié pour la création, as-tu des projets qui se dessinent ? Par exemple une idée de futur label, de collaboration, d’expérimentation ?

    En ce moment, je suis en train de mixer et masteriser mon premier album intitulé Knights Of The New World. Il sortira début décembre. Ensuite, j’ai commencé deux nouveaux EPs qui devraient sortir en début d’année prochaine. L’un avec des sons que j’ai composés en même temps que l’album mais que je ne n’ai pas retenus et un autre avec de nouvelles sonorités, avec moins de voix mais plus de rythmes. Cela me permet d’alterner entre des compos plus “Skopja” et un nouveau style que j’ai envie d’expérimenter.

    Visuel de l’album Knights Of The New World – – © Skopja

    Plus globalement, quel rôle joue la musique pour toi et quel message veux-tu faire passer à travers la tienne ?

    La musique a toujours été essentielle dans ma vie, ça me passionne plus que toute autre chose. Avec mon projet Skopja, j’ai juste envie de partager les sonorités que j’aurais voulu entendre avant de faire de la musique. Et je me dis que si ça me plaît à moi, il y a forcément quelques personnes à qui ça plaira aussi. Je dirais qu’il n’y a pas un message intrinsèque mais plutôt autour du projet : “Allez puiser dans les sonorités qui vous plaisent, ne cherchez pas à vous cataloguer mais plutôt à mixer les influences et les inspirations”. Il n’y a rien de pire qu’un mélomane monomaniaque.

    Retrouvez Skopja sur toutes les plateformes musicales : Spotify, SoundCloud, Facebook, Instagram.

    Propos recueillis par Alizée Bourgeois

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