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The Herbaliser – There Were Seven

18 octobre 2012
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The Herbaliser - There Were Seven

Après être passé par les prestigieux labels Ninja Tunes et K7, le groupe s’autorise dorénavant une virée solo sous son propre label, Department H. Il y a près de 20 ans, les sept mercenaires entreprirent leur traversée musicale avec très peu de moyens (quelques samples et scratches) et des inspirations plurielles (James Brown, DJ Premier, Lalo Schifrin, David Axelrod ou encore Serge Gainsbourg). Au fil du temps, ils se sont détachés de leurs platines, les conservant néanmoins pour y intégrer de vrais instruments, notamment des vents cuivrés ou des flûtes, faisant ainsi de leurs prestations live des shows particulièrement réussis. Cette délicieuse alchimie transporte dans un univers singulier, bien loin des machines infectées par l’auto-tune (logiciel correcteur de tonalités).

Composé et produit par Jake Wherry et Ollie Teeba, membres fondateurs du collectif, « There Were Seven » s’écoute ou plutôt s’imagine comme la bande son d’un film dont ils seraient les héros. The Herbaliser sont les maîtres d’un mystérieux son supersonique, sept troubadours émergeant des ténèbres, revenus pour expliquer avec leur groove « que le règne des machines devait cesser et qu’ils étaient là pour le démonter pièce par pièce… ».

L’ouverture avec Return of the Seven donne le ton, situant l’intrigue dans un western des temps modernes, dans la lignée du maître du genre musical, Ennio Morricone. Le voyage peut commencer. Du dub instable et onduleux de Welcome to Extravagance ponctué de notes soufflées, à l’empire électronique de « Mother Dove », en passant par la flûte funky déchaînée de Take ‘Em On, les morceaux s’enchaînent naturellement sans anicroche. L’histoire s’écrit, se déploie avec fluidité dans les baffles, rythmée par l’apparition d’invités dans certains épisodes : Georges the Poet, artisan du verbe, collabore à A Sad State of Affairs ; la chanteuse Hannah Clive réchauffe de sa voix suave The Lost Boy ; les Teenburger s’expriment sur March of the Dead ; et enfin les MC de Twin Peaks partagent avec The Herbaliser une affiche teintée de hip-hop sur Zero Hill, Crimes and Misdemeanours (dans lequel les connaisseurs identifieront un tout petit sample de Same as it never was, morceau éponyme du précédent album) et le titre Danny Glover.

« There Were Seven » n’a donc rien de révolutionnaire mais son efficacité est exemplaire : des beats bien lourds, des accords harmonieux et mélodieux, l’ensemble reflétant une parfaite maîtrise d’un style combinant les passions de The Herbaliser pour le hip-hop, le groove, le funk et le jazz, flirtant parfois avec le trip-hop. Cet album maintient donc le collectif britannique en tête de liste des virtuoses d’un son unique.

Alexandra Ferrero

The Herbaliser – There Were Seven

Musicast / Departement H

Dans les bacs depuis le 8 octobre 2012

www.herbaliser.com

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