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Avant de s’envoler, Robert Hirsch inoubliable à l’Œuvre

16 octobre 2016
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PhotoLot Avant 02 copie

Avant de s’envoler

De Florian Zeller

Éditions L’Avant-Scène Théâtre

Mise en scène de Ladislas Chollat

Avec Robert Hirsch, Isabelle Sadoyan, Claire Nadeau, Anne Loiret, François Feroleto, Léna Bréban

Du 5 octobre 2016 au 15 janvier 2017

Du mercredi au samedi à 21h, dimanche à 16h

Tarifs : de 10 à 50 €, 10 € pour les moins de 26 ans mercredi et jeudi

Réservation en ligne
ou au 01 44 53 88 88

Durée : 1h30

Théâtre de l’Œuvre 
55 rue de Clichy
75009 Paris

M° Place de Clichy ou Liège
(lignes 2 et 13)

www.theatredeloeuvre.com

PhotoLot Avant 02Du 5 octobre 2016 au 15 janvier 2017

À tout juste 91 ans, le doyen de nos plus grands comédiens français interprète la nouvelle pièce de Florian Zeller dans une mise en scène de Ladislas Chollat qui l’avait déjà dirigé dans Le Père, Molière 2014 du meilleur spectacle. Aujourd’hui encore, entouré de merveilleux comédiens, l’acteur irradie d’émotion, de tendresse et de comique tragique dans un texte aux petits oignons.

Unique

Robert Hirsch est un grand acteur, non seulement parce qu’il se fond entièrement dans les personnages qu’il incarne sur un plateau, mais encore parce que sa respiration même, son regard, sa voix composent la chair vibrante, vivante de son personnage. Le voir jouer, entendre sa voix particulière qu’il module comme une clarinette, observer son corps de danseur, encore élastique malgré les années, ses mains qui papillonnent comme des palpitations cardiaques, constitue un émerveillement unique dont il ne faut pas se priver. Ici, dans la pièce que Florian Zeller a tout exprès composée pour lui, le comédien interprète André, un vieil homme terrassé par l’angoisse que son épouse Madeleine ne disparaisse avant lui et que sa vie bascule. 

PhotoLot Avant 04Puzzle entre vérité et faux-semblants

La pièce de Florian Zeller, extrêmement bien construite, a l’apparence d’un puzzle qui juxtapose des scènes issues du présent, du passé, du réel ou du conditionnel, perdant sans doute le spectateur à la recherche d’une narration factuelle ou chronologique. Et c’est formidablement réussi. Au fil de cette série de mises en abyme d’un réel fictif, ou d’une fiction réelle, André-Robert Hirsch est tour à tour le fantôme d’un mort que sa femme et ses deux filles pleurent, puis le veuf qui vient de perdre sa femme d’un infarctus dans le jardin. Ajoutez à cela une énigmatique femme brune convoquée par Madeleine pour confronter André à son ténébreux passé, un journal intime écrit durant la guerre, découvert par la fille aînée dans le but de le publier, et un agent immobilier, dernier petit ami de la fille cadette, ange prédateur venu proposer l’achat de la maison familiale.

L’art de nous toucher au cœur

Dirigés avec une remarquable justesse par Ladislas Chollat, qui met également en scène Oliver Twist à la Salle Gaveau, les comédiens campent des personnages qui pourraient être nos sœurs, nos parents ou nos grands-parents. Isabelle Sadoyan (Madeleine), Claire Nadeau (l’amie), Anne Loiret (Anne), Léna Bréban (Élise) et François Feroleto (l’agent immobilier) naviguent entre les eaux familières de nos problématiques quotidiennes, la perte de mémoire des gens âgés, la fin de vie, la solitude, la volonté de s’immiscer dans la vie des autres en leur voulant le meilleur. La pièce agit par petites touches impressionnistes, sans lourdeur aucune, dans une scénographie élégamment naturaliste signée Édouard Laug, éclairée selon les séquences et les atmosphères par Alban Sauvé. C’est très beau et terriblement émouvant.

Hélène Kuttner

[Photo 1 © Lot / Photo 2 © Lot]

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