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    Ballet Forsythe/Brown – Opéra Garnier

    11 décembre 2012
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    Quel rapport existe-t-il entre William Forsythe et Trisha Brown ? La danse bien sûr, mais aussi les États-Unis dont ils sont tous deux natifs.

    Autre point commun : leur étroite collaboration avec le Ballet de l’Opéra de Paris qui est aujourd’hui fier de présenter quatre ballets spécialement créés pour l’institution entre 1987 et 2004 (trois de Forsythe et un de Trisha Brown).

    Pour dispatcher ces ballets, c’est une rime embrassée qui a été choisie. A In the middle, somewhat elevated (Forsythe-1987) répond Pas./Parts (Forsythe-1999) et à O Zlozony / O Composite (Brown-2004) répond Woundwork 1 (Forsythe-1999). Derrière ces titres alambiqués se cachent des chorégraphies spatiales et lunaires, où le néoclassicisme vient bousculer les styles dans une douceur ravageuse.

    De la rage…

    La rage, on la trouve dans le premier et le dernier ballet présentés sur scène. Ce soir, leur point commun s’appelle Audric Bezard. Fraîchement nommé Premier Danseur en novembre dernier, ce jeune danseur aux allures de Rupert Everett, à la taille imposante, au buste carré et aux jambes princières, virevolte aux rythmes de la musique de Thom Willems (collaborateur attitré de Forsythe). Dans l’un, il est un bad boy déterminé, dans l’autre un sujet montant parmi les Etoiles confirmées.

    Créés à douze ans d’intervalles, les deux ballets se font échos dans un même désir, celui de laisser place aux jeunes talents pour exprimer toute leur ambition et juvénile énergie. Si le premier sonne toutefois assez 90’s avec sa musique style Eric Sera dans Nikita de Luc Besson (Forsthyte a même composé son ballet avec séquences choisies, comme on monte un film), le deuxième fait preuve d’un néoclassicisme paradoxal, avec d’un côté des danseurs au large sourire et aux gestes académiques, de l’autre avec des danseurs à la désarticulation et la souplesse animale, dont Jérémie Bélingard reste le représentant le plus bestial.

    … à la douceur

    La douceur, on la trouve davantage au cœur du programme, entre O Zlozony / O composite de Trisha Brown et Woundwork 1 de William Forstythe. Déjà présenté jour pour jour il y a deux ans sur la même scène (entre Apollon de Balanchine et Le Sacre du printemps de Bausch), il est à croire que le ballet de Brown peut se marier avec tout. Quand on se trouve face à Aurélie Dupont, Nicolas Le Riche et Jérémie Bélingard, alors pourquoi se priver d’une telle présence, surtout au moment où ces deux hommes élèvent la femme vers les Etoiles dont ils font eux-mêmes partis.

    Dans Woundwork 1, c’est sur le couple Angès Letestu et Hervé Moreau que le regard s’arrête, toujours sur la musique minimaliste de Thom Willems. Aucune blessure, mais un travail d’enlacement poétique sur le pas de deux (et de quatre), où les danseurs finissent par former un cercle, détachés les uns des autres. Oui, c’est bien un voyage vers l’espace qu’il nous est amené de voir avec ce programme, le tout pour mieux se détacher de la terre et s’élever ainsi à notre tour. 

    Edouard Brane
    Twitter: Cinedouard


    Ballet Forsythe/Brown

    Les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet
    Musiques enregistrées

    Du 3 au 30 décembre 2012

    Prix des places : 10€, 12€, 25€, 47€, 70€ et 92€

    Réservation en ligne

    Palais Garnier
    M° Opéra

    www.operadeparis.fr

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