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Biennale de Danse du Val-de-Marne : notre sélection

Thomas Hahn 25 mars 2019
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"Aujourd'hui sauvage'" de Fabrice Lambert © Jean Louis Fernandez

Maguy Marin : Beckett !

May B, la pièce de Maguy Marin nommée d’après May Beckett, la mère de l’écrivain, se joue depuis bientôt quarante ans et fera deux apparitions au cours de la Biennale, le 28 mars à Villejuif et le 17 avril à Saint-Maur-des-Fossés, après avoir rempli l’Espace Cardin du Théâtre de la Ville à Paris pendant deux semaines. Mais on verra aussi la dernière création de Maguy Marin, Ligne de crête, où de braves employés de bureau penchent vers une crise de foi(e) déclenchée par la surconsommation.

“Ligne de crête” de Maguy Marin © Christian Ganet

Oona Doherty : la volupté !

On n’imagine pas, en ce moment, un festival sans Oona Doherty. Quand l’Irlandaise si punchy crée une pièce qui s’annonce aussi voluptueuse que Lady Magma, il n’est pas (seulement) question d’amour, mais du corps. Féminin. Où cinq femmes se retrouvent sur un tapis d’épaisses fourrures, dans une ambiance musicale très funky des années 1970, ressuscitant les promesses de volupté et de libération ayant marqué cette époque.

“Lady Magma” d’Oona Doherty © Luca Traffarelli

Mossoux-Bonté : Goya !

Et qu’arrive-t-il aux personnages du tableau de Goya, Le Sabbat des sorcières ? L’étrange créature animale, peut-être fantasmée, à laquelle le groupe fait face incarne-t-elle la guerre ? L’inquisition ? La misère ? “Goya compatissait avec la population et ce tableau dit l’absurdité de la guerre”, selon Patrick Bonté qui met en scène The Great He-Goat, la nouvelle production de la Compagnie Mossoux-Bonté, une pièce pour danseurs et marionnettes, chorégraphiée par Nicole Mossoux.

“The Great He-Goat” par la Compagnie Mossoux-Bonté © Anaïs Grandamy

Maud Le Pladec : Schubert !

Twenty-Seven Perspectives est une réflexion sur la musique de Maud Le Pladec qui ne cesse, depuis qu’on l’a découverte en 2010 avec Professor, de nouer une relation sensible et organique entre le mouvement et la musique. Curieusement, les représentations de cette pièce épurée et graphique ont lieu à Chaillot – Théâtre national de la Danse qui pourtant ne s’est pas déplacé et ne se trouve pas dans le Val-de-Marne.

“Twenty-seven Perspectives” de Maud Le Pladec © Konstantin Lipatov

Satchie Noro : équilibres !

Dimanche 14 avril, un après-midi avec Satchie Noro et Silvain Ohl au Domaine national de Saint-Cloud (accessible aux Parisiens par une navette du festival). Où on déambule, trois heures durant, d’une proposition à l’autre : un trio de danse-escalade dans une installation instable, une “recherche perpétuelle d’un équilibre subtil” où chaque mouvement est source d’effondrement (Mind the Gap). Ensuite, des installations plastiques qui deviennent agrès entre les murs d’une bâtisse (Nuage), et en final le formidable dialogue entre Noro et un authentique container industriel qui se met en mouvement et change de forme, défiant sa passagère-habitante (Origami).

“Nuage” de Satchie Noro et Silvain Ohl © Isabelle Navarro

Chloé Moglia : suspensions !

Particulièrement éprise des instants suspendus entre ciel et terre, Chloé Moglia est une trapéziste, venue à la chorégraphie à travers les arts martiaux. Pour Moglia, qui axe ses recherches sur les états de suspension, il s’agit de “rendre sensible l’infime auquel nous oublions de prêter notre attention”. C’est par ailleurs Sylvain Ohl, éminent constructeur des agrès urbains de Satchie Noro, qui signe ici la gigantesque spirale d’acier de La Spire, sextuor féminin de Chloé Moglia, suspendu à cette structure circulaire et vertigineuse sous le ciel du Val-de-Marne.

“La Spire” de Chloé Moglia © Jean-Louis Fernandez

Aïcha M’Barek & Hafiz Dhaou : Manuel de Falla !

Six danseurs, dix musiciens et une chanteuse sont réunis sous la direction musicale du chef d’orchestre Jean-Marie Machado et la direction chorégraphique et scénique de Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek pour L’Amour sorcier autour des Cantos del amor brujo de Manuel de Falla, écrits “à une époque où les gens savaient vivre ensemble”. Un spectacle autour d’une histoire d’amour et gitane qui sera créé “pour unir les gens et croire en un avenir meilleur”, selon la volonté de Dhaou qui fera évoluer les danseurs autour des musiciens qui occuperont le centre du plateau. Un vrai message pascal en quelque sorte, après deux pièces sur l’individu et la diffraction. “L’optimisme nous revient”, confirme-t-il.

Fabrice Lambert : sauvage !

On y danse beaucoup en cercle, et ce, peut-être, dans une caverne préhistorique. Mais le titre affirme bien que cet “aujourd’hui sauvage” parle de nous et de notre époque, avec sept personnes questionnant, par la danse, leurs espaces de liberté et ce qui sommeille en elles de l’époque où l’humain commençait à développer ce que nous appelons “civilisation”. “Aujourd’hui, on maîtrise quoi et que faisons-nous de la part de nous-mêmes que nous ne maîtrisons pas”, demande Lambert.

“Langues de feu & Lames de fond” de Christian Ubl © Marc-Antoine Serra

Christian Ubl : l’eau et le feu !

Deux éléments, l’eau et le feu, alimentent la nouvelle création de Christian Ubl, Langues de feu & Lames de fond, deux solos sur les mots de la dramaturge Lucie Depauw, l’un interprété par l’extraordinaire Sandrine Maisonneuve, l’autre par Christian Ubl himself. Les deux ont pour sujet les migrants, dans leur détermination et leur fragilité. Le feu, donc, pour les violences de la guerre et l’eau pour la fuite et les risques de la traversée.

Bernardeschi & Pacagnella : la révolution !

Un duo italien qui fait autant rire qu’il sait toujours nous émouvoir se souvient des temps où les gens chantaient ensemble : El Pueblo Unido Jamas sera Vencido, tel est le titre et le questionnement de la dernière création d’Alessandro Bernardeschi & Mauro Pacagnella. Sommes-nous encore capables de nous unir ? On en fera l’expérience sur place, puisque ce spectacle de clôture sera suivi d’une fête avec toute l’équipe de la Briqueterie, sur quelques DJ sets, bien évidemment.

Thomas Hahn

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