Boris Vian Juste le Temps de Vivre – Le Lucernaire
Boris Vian Juste le Temps de Vivre - Le Lucernaire::
Hommage à Boris Vian au Lucernaire. Un décor minimaliste mais efficace, un solo de trompette familier : la représentation peut commencer. Sur scène, trois chanteurs, musiciens et acteurs, évoluent dans ce qui a été imaginé comme l’enregistrement d’une émission de radio des années 50. En duo ou en solo, ils jouent du piano, de l’accordéon, du saxophone ou de la guitare, en interprétant les chansons et poèmes de Boris Vian dont les mots et les idées se baladent selon leur bon vouloir.
Du célèbre Ecume des jours au provocant Traité de civisme s’ajoutent des morceaux plus ou moins connus du chanteur parmi lesquels les incontournables « J’coûte cher », « Je bois», « Fais-moi mal Johnny » ou « Je suis snob », gais ou cinglants, lucides et entêtants. Et nul besoin d’explication ou de narration pour introduire ça et là les écrits piquants et brillants de l’auteur favori d’une jeunesse toujours présente, artiste inclassable obsédé par l’usure du temps.
« Juste le temps de vivre »
Le désir, le travail, la mort, autant de thèmes graves et chers à Boris Vian abordés avec légèreté dans ce spectacle convaincant qui porte le nom d’un de ses plus beaux poèmes. Au diapason, Gabrielle Godart, Arnaud Laurens et Susanne Schmidt nous plongent naturellement dans l’univers mélodieux et cynique de l’écrivain torturé, dans une première demi-heure rythmée par des intermèdes publicitaires réjouissants.
En revanche, dans une deuxième partie moins dynamique, les comédiens semblent s’essouffler, perdant le rythme et la spontanéité du phrasé du poète. Manque d’insolence, d’inattendu et de liberté dans un jeu peut-être un peu trop appliqué. Le texte en souffre, devenant difficile d’accès pour ceux qui, ne connaissant pas bien l’auteur, se laissent moins volontiers emporter par la richesse et la subversion de son langage.
« On n’est pas là pour se faire engueuler »… Un mot d’ordre sur lequel acteurs et spectateurs se retrouvent, invités à clôturer ensemble le spectacle en chantonnant l’inoubliable rengaine. Une promenade agréable dans l’univers de Boris Vian, l’occasion de découvrir ou de redécouvrir cet amoureux des mots et du monde dont l’humour corrosif et les idées toujours d’actualité n’ont pas fini d’éveiller les générations. Si le trio de comédiens du Lucernaire manque parfois de folie, le bout de chemin n’en est pas moins dépaysant.
Laetitia Ratane
Lire aussi sur Artistik Rezo le dossier pour le cinquantenaire de la disparition de Boris Vian.
Vive le Vian, vive le Vian
Vive le Vian divers
Qui rapporte aux vieux enfants
Leurs souvenirs d’hier
(…) Et là-haut il paraît qu’il joue aux dés
Vian.
Au déviant ?
Pardon Monsieur le Président, Eau
d’Evian !
JEAN-LOUIS JACOPIN
Boris Vian, Juste le temps de vivre
Chansons et textes
Conception: François Bourgeat, Jean-Louis Jacopin
Mise en scène et lumière: Jean-Louis Jacopin
Assistante à la mise en scène: Catherine Descastel
Avec:
Gabrielle Godart, Arnaud Laurens et Susanne Schmidt
Décor: Jacques Abinun
Costumes: Cidalia Da Costa
Coproduction: Tréteaux de France Marcel Maréchal, Damyata Shantih
Ce spectacle est dédié à la mémoire de Jocelyne Carissimo.
Jusqu’au 14 février 2010
Représentations / du mardi au samedi à 18h30 / matinée le dimanche à 17h / relâche lundi
Places / Plein tarif 22 € / tarif réduit 15 € / Enfants 10 €
Réservation / 01 45 44 57 34
Théâtre Lucernaire
53 rue Notre-Dame des champs
75006 Paris.
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