“Chers parents”, une comédie incandescente
© Christophe Lebedinsky
Reprise au Théâtre de Paris de l’excellente comédie d’Emmanuel et Armelle Patron, frère et soeur dans la vie, une pièce qui pulvérise la relation entre parents et enfants une fois que l’argent pénètre par effraction dans la chère famille. Tout le monde en prend pour son grade et, dans des scènes ubuesques, cocasses et renversantes, la comédie manque de se muer en tragédie.
Famille modèle

© Christophe Lebedinsky
Jeanne et Vincent forment un couple de retraités paisibles, encore jeunes et plein de projets en tant qu’ex-enseignants, dont les voyages et l’ouverture aux autres ont constitué les fils conducteurs d’une famille exemplaire. Leurs trois enfants sont à leur image, tendres et attentifs, et quand les parents les appellent pour leur demander de venir en urgence, Pierre, Jules et Louise n’hésitent pas une seconde à avaler en voiture des centaines de kilomètres dans la journée. L’ainé, Pierre, la quarantaine, est un père de famille bourgeoise, muni d’une solide situation professionnelle et d’une appétence certaine à la réussite financière. Jules et Louise sont plus jeunes, lui est un critique de livres à l’allure bohème qui vit de peu, elle est encore étudiante en médecine sans avoir spécialement décidé d’exercer. Lorsqu’ils se retrouvent dans la grande maison familiale à la campagne, chacun se torture pour imaginer la pire des nouvelles. Une maladie incurable, le choix de mourir dans la dignité, une décision dramatique que prendrait le couple de parents et qui justifierait la venue urgente des trois enfants.
Le traumatisme indélébile

© Christophe Lebedinsky
Quand ils apprennent que cette maladie incurable n’est autre qu’un voyage lointain, et que les parents, pressés sous le feu des questions avouent avoir gagné une grosse somme d’argent, la belle harmonie familiale vole en éclats au coin du feu. Frédérique Tirmont et Bernard Alane sont parfaits dans leurs rôles de parents modèles et à la moralité et à la droiture indéfectibles, tandis qu’Elise Diamant (Louise), Rudy Milstein (Jules) et Emmanuel Patron (Pierre) jouent avec un naturel et un engagement délicieux la transformation d’enfants adorables en prédateurs sans foi ni loi quand il s’agit de gros sous. Chacun tient le fil de son personnage avec beaucoup de subtilité et de talent, et les sentiments dont ils font preuve reflètent ce que tant d’autres ont vécu dans de telles situations. Quand l’argent se mêle d’amour, c’est bien souvent l’argent qui triomphe et tire à lui la couverture, entraînant jalousies et vieilles rancoeurs. Une formidable comédie dont on rit de bon coeur et dont on savoure l’excellent jeu de comédiens. Ça fait du bien.
Hélène Kuttner
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