En v’la une drôle d’affaire – Nathalie Joly chante Yvette Guilbert – 2ème partie
Elle nous avait déjà épaté avec le premier opus (et vrai succès), Je ne sais quoi, où elle revenait sur la correspondance entre Yvette Guilbert et Sigmund Freud ; plus mûr, plus abouti, plus libre, ce En v ‘la une drôle d’affaire est tout simplement un joyau brut d’émotion et d’intelligence. Durant 1h10, Nathalie Joly déploie (et avec quel talent !) toute l’étendue de son pupitre vocal, décrivant la vie agitée d’Yvette Guilbert, chanteuse de « beuglants » ayant durablement influencé l’art lyrique par sa technique du « rythme fondu ».
Elle se produit accompagnée de son compère pianistique, l’accompli Jean-Pierre Gesbert, qui se fend même ici du splendide I Want You my Honey de John Templeto. Quelques allusions subtiles au premier spectacle, mais rien de rigide : vous pouvez tout à fait vous ruer sur ce deuxième opus, instructif et bouleversant à la fois, sans avoir vu le spectacle précédent.
La mise en scène, signée par Jacques Verzier (qui a travaillé entre autres avec Jean-Luc Lagarce et Jean-Michel Ribes) est extrêmement aboutie : on y retrouve le mélange des cultures, l’ouverture d’esprit chère à Yvette Guilbert, par le biais du japanisme, si en vogue à l’époque. Plus de chansons, plus d’interaction avec le public qui se verra remis une copie du programme originale enseigné dans l’école qu’Yvette Guilbert ouvrit à New York vers 1913. Une école de chant gratuite pour jeunes filles, elle qui ne pouvait plus chanter alors…
Cette générosité, cette énergie sans faille, Nathalie Joly la porte à bout de bras, sur le visage, dans le regard : version sexy de La Légende de Saint Nicolas, déambulation trouble de Je suis pocharde, et surtout, surtout, l’hallucinant Morphinée qui vous laisse au bord des larmes, alors que celle de l’artiste coule librement sur ses joues.
Bref, il n’y a pas à hésiter une minute : Si vous voulez en savoir plus sur les aquabonistes, le boulangisme et les rapins, courez voir « En v ‘la une drôle d’affaire », et sa drôle de dame.
Mathilde de Beaune
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En v’la une drôle d’affaire : Nathalie Joly chante Yvette Guilbert
D’après les chansons d’Yvette Guilbert
Conception et chant Natlalie Joly
Mise en scène Jacque Verzier
Piano Jean-Pierre Gesbert
Du 28 novembre au 31 décembre 2012
Du mercredi au samedi à 21h
Le dimanche à 17h
Plein tarif : 20€ // Tarifs réduits : 15 et 10€
Tarif unique le 25 décembre : 25€
Réservations : 01.47.07.22.11
Durée : 1h10
Théâtre de La Vieille Grille
1 rue du Puits de l’Ermite
75005 Paris
M° Place Monge
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