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    Festival Off d’Avignon 2018 : de nouvelles découvertes

    Stéphanie Nègre 25 juillet 2018
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    © DR Interface

    Comme chaque année, le festival Off d’Avignon est l’occasion de découvrir le travail d’artistes venus des quatre coins du monde. Théâtre, danse, cirque, chant, toutes les disciplines sont représentées. Morceaux choisis.

    Vive la vie

    Habituée du Off avignonnais, la compagnie suisse Interface revient cette année avec le quatrième épisode de sa pentalogie Les Âges de la vie. Vive la vie nous invite à suivre les évolutions de la société rurale suisse au XXe siècle au travers d’une saga familiale : arrivée de l’électricité dans la ferme, travail occasionnel sur les chantiers de barrage puis salariat à l’usine. Les femmes quittent leur tablier pour la mini-jupe, c’est l’avènement de la société de consommation où, dit l’un des personnages, “il y a toujours plus de trucs à acheter”. Troupe survoltée, musique aux envolées lyriques, chorégraphie puissante – l’inspiration ne se trouverait-elle pas parfois du côté de la technique gaga d’Ohad Naharin ? –, la pièce est un véritable ouragan. Vive la vie n’est pas un manifeste politique mais offre une source de réflexion sur les notions d’indépendance économique, de liberté dans les sociétés traditionnelles et industrielles et de progrès.

    © DR Interface

    Du 6 au 28 juillet 2018 – relâche les mardis – 10h45 – Théâtre du Balcon

    Delusion Club

    Le Cirque des Mirages, duo formé depuis 2000 par Yanowski au chant et Parker au piano, est un cabaret expressionniste à l’esthétique noir et blanc très fin de siècle. Cette fois, ils ont choisi de nous entraîner dans le Delusion Club, repère secret des bas-fonds londoniens. On s’attend à faire connaissance avec une société interlope, cette fois à la sauce british. Si les premiers morceaux nous font effectivement pénétrer dans ce club très privé, on retombe vite sur les classiques des deux compères, entre l’évocation des ghettos d’Europe centrale, d’un écrivain allemand psychopathe et d’une parodie de l’Évangile. Yanowski est surprenant dans son évocation des personnages, passant du comique – un match de boxe improbable – au fantastique – avec une marionnette qui annonce la date de votre mort – ou à une déclaration d’amour désabusée. Les compositions de Parker, incisives et colorées, nous plongent dans une atmosphère délétère. Avec le Delusion Club, le Cirque des Mirages est de retour en grande forme, et le duo apparaît encore plus complice. On aurait juste pu s’attendre à un peu plus de cohérence entre le thème et l’enchaînement des titres présentés.

    © Philippe Hanula

    L’Inizio

    Créé initialement en 2013, puis réécrit très récemment, l’Inizio est un ballet d’une heure pour cinq danseurs, autour des fresques sur la création de Michel-Ange de la chapelle Sixtine. La chorégraphie d’Amine Boussa, qui fut interprète dans la compagnie de Kader Attou, mêle hip-hop et inspiration contemporaine avec des duos basés sur la tension et le déséquilibre, des enroulements harmonieux et des jeux de force dominant-dominé. Les pantalons des danseurs – bleus, violets, rouges – rappellent les couleurs éclatantes des peintures de Michel-Ange. Les scènes d’ensemble sont d’une grande rigueur de composition et les danseurs en parfaite synchronisation. L’Inizio est une pièce remarquable que Les Hivernales nous donne à voir.

    © Gilles Aguilar

    Master class Nijinski

    Comme son nom l’indique, Master class Nijinski nous invite à une conférence imaginaire du célèbre danseur et chorégraphe des Ballets russes. Sur scène, le comédien Bernard Pisani incarne Vaslav Nijinski, sur un texte de la dramaturge Marie-Christine Mazzola. Son propos, autour de la quête du geste parfait, est illustré par de nombreuses séquences dansées du chorégraphe Faizal Zeghoudi interprétées par les danseurs de sa compagnie. Le texte évite les envolées hallucinées qu’on aurait pu craindre – le danseur souffrait de schizophrénie – pour se concentrer sur les recherches esthétiques de Nijinski qui sont parmi les fondements de la danse contemporaine. La pièce se termine par la très belle version de L’Après-midi d’un faune par Faizal Zeghoud.

    © S. Appel

    Du 6 au 29 juillet 2018 – 16h45 – Collège de la Salle

    Stéphanie Nègre

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