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Flavia Tapias

17 juillet 2009
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flavia

 

Pour la belle Brésilienne Flavia Tapias, la danse, c’est toute sa vie. Pas si étonnant, quand on a une mère chorégraphe et, qui plus est, s’appelle Giselle. La danse, elle a commencé à la pratiquer l’âge de six ans. Elle a touché rapidement à tous les styles, en passant par le classique bien sûr, mais c’est la danse contemporaine qui a saisi son cœur : « ce style de danse demande un véritable travail d’interprète, ce qui m’intéresse le plus », explique-t-elle. Cet irrépressible besoin de s’exprimer par son corps, elle en fait donc son métier, la question ne s’est jamais posée.

 

A dix-huit ans, elle commence déjà à travailler en tant que professionnelle dans la compagnie de sa mère, Grupo Tapias, à Rio de Janeiro. Le principe de la compagnie était de faire travailler à chaque fois des chorégraphes différents dans le but de découvrir différents styles, différentes manières de penser et de ressentir la danse, ce qui apporte aux danseurs de grandes facultés d’adaptation ainsi que le plaisir d’explorer différents univers. Elle travaille en même temps pour d’autres compagnies, puis en 2004, avec sa mère, elle monte le projet « 5 chorégraphes et 1 corps ». La pièce fait intervenir cinq chorégraphes brésiliens et Flavia est la seule interprète. La pièce a du succès et est produite de manière internationale : à Paris, à New York… L’intérêt de ce projet, c’est qu’il inverse la tendance habituelle : un même chorégraphe qui orchestre différents corps au sein d’une compagnie : « le projet fait voir différentes approches de la danse à travers le même corps, il donne comme une vision concentrée de ce qui se fait en danse au Brésil, et c’est ce qui m’a beaucoup plu, indique-t-elle ».

 

Ce projet est repris plusieurs fois avec différents chorégraphes. Alors qu’elle est en tournée à Paris, Catherine Dunayer, professeur de Danse à Lille, lui propose de travailler cette fois avec cinq chorégraphes européens, en 2005. Puis c’est Monica Guillouet-Gélys Directrice du Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne, qui lui propose de renouveler le projet dans le cadre du Collectif Essone Danse. C’est là qu’elle rencontre le musicien Serge Adam, avec qui elle va créer la pièce A la veille de ne partir jamais, produite en ce moment à Avignon.

 

La danse comme moment d’échange, de rencontre et d’exploration.
Car la danse est pour Flavia Tapias un moment d’échange et de rencontre. Certes les différentes pièces 5 chorégraphes pour un corps sont le fruit de la rencontre entre l’imaginaire de ces chorégraphes et le corps de Flavia, mais la danse est surtout une rencontre avec le public, « il s’agit de trouver dans l’autre quelques sentiments, et d’en provoquer en retour » précise-t-elle.

 

Cette recherche de l’échange et de la rencontre est présente même dans l’approche technique du corps qui est propre à Flavia. Avec sa mère, elles sont en train de constituer leur propre méthode qu’elles appellent “fondement de danse”, et qui consiste justement à puiser dans les différentes techniques de danse et dans les différents styles afin de former un artiste complet, et plus précisément, un interprète. « Le travail consiste à partir du centre de la salle. On travaille d’abord les bases classiques, puis on cherche à déconstruire ces bases pour parvenir, de là, à une approche contemporaine de la danse » indique-t-elle. Le travail peut faire appel aux techniques du théâtre, de la voix, mais le but est de trouver du matériel que l’artiste doit travailler en tant que danseur.

 

Flavia et sa mère Giselle sont en train de rédiger un livre pour expliciter cette méthode que Giselle pratique déjà depuis trente ans dans son école de danse, à Rio. « Cette technique est ce qui me permet de m’adapter facilement aux styles des différents chorégraphes » commente Flavia. C’est une approche multiple de la danse qui laisse le corps disponible et ouvert.

 

Quelles sont vos racines réelles ou imaginaires?
– La mer.

Quel est le premier évènement artistiquement marquant de votre vie?
– La première fois que j’ai dansé en dehors d’une scène, c’est-à-dire dans la rue, au milieu des gens.

En quoi aimeriez-vous vous réincarner ?
– En papillon.

Existe-t-il un espace qui vous inspire?
– Mes rêves.

 

Croyez-vous en l’existence d’un mot, d’un son, d’un geste, d’une image absolu?
– Les choses dispersées ne peuvent pas être absolues, il faut qu’elles soient toutes ensembles rassemblées pour qu’il y ait de l’absolu.

 

Chloé Goudenhooft.

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