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    Grand fracas issu de rien, cabaret spectral

    6 février 2015
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    fra

    Grand fracas issu de rien

    Création collective sur un concept de Pierre Guillois

    Avec Dominique Parent, Sevan Manoukian, Adrien Mondot, Benjamin Sanz et Lucas Antonellis

    Texte de Valère Novarina

    Assistanat artistique : Stéphanie Chêne

    Interprétation numérique : Claire Bardainne

    Jusqu’au 12 février 2015

    Mardi et vendredi à 20h30

    Mercredi, jeudi, samedi à 19h30
    Dimanche à 16h

    Tarifs : de 9 à 27 €

    Réservations au
    01 55 48 91 00

    Durée : 1h15

    Théâtre 71 – Malakoff
    3, place du 11 Novembre
    92240 Malakoff

    M° Malakoff – Plateau de Vanves (ligne 13)

    www.theatre71.com

    Homme de théâtre à la fois fantasque, poétique et amoureux du burlesque, Pierre Guillois a conçu un cabaret qu’il qualifie de “spectral”. Bien organisé, ce méli-mélo de numéros et de mots n’est en réalité pas le fracas annoncé mais un joli fatras au charme forain.

    Créé collectivement, Grand fracas issu de rien enchaîne des numéros multiples. Tout commence par un Monsieur Loyal qui passe la tête dans un rectangle figurant un cadre de téléviseur. Tandis qu’il entame la cérémonie par un texte virtuose et brillamment tarabiscoté de Valère Novarina, il est très vite interrompu par un gymnaste qui aligne agilement quelques roues le long de la scène devenue piste aux miracles. Sur le côté, une chanteuse soprano colorature y va de ses trémolos tout en jouant à se dévêtir avec malice.

    frac2Sans effets grandiloquents ni grandioses, les uns et les autres alternent à un rythme proche de l’onirisme. Un jongleur décline sa jonglerie au tempo d’un percussionniste cocasse, un gymnaste fait sa gymnastique après avoir poussé la diva hors du cheval d’arçon. Aux anneaux et aux barres parallèles, l’athlète effectue ses gammes musclées puis revient le danseur du verbe qui part dans une logorrhée aussi vertigineuse que les mouvements rapides aux agrès. 

    Les enchaînements se relaient avec des projections en noir et blanc dues à une belle inventivité numérique. Ainsi, s’accumulent des lettres et des alphabets désordonnés tantôt volant dans l’espace, tantôt suivant le débit fantastique du comédien. Des arabesques se déroulent en accompagnement du solo de la chanteuse et les délicates prouesses des corps, des voix et des gestes tissent au final un étrange cabaret sans queue ni tête mais très délicat.

    Ce spectacle avait été créé en 2011 lorsque Pierre Guillois terminait son mandat dans le superbe lieu qu’est le Théâtre du Peuple à Bussang. Hors de la forêt vosgienne, Grand fracas issu de rien garde son même raffinement dont il ne faut pas attendre des dialogues entre personnages ni une narration, mais dont il faut accepter la juxtaposition de numéros sans suspense. Les artistes ne communiquent pas entre eux mais ils nous transmettent leur fragilité insolite et solitaire dans un charmant équilibre. 

    Émilie Darlier

    [Photos © Davis Siebert]

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