Idiot ! Parce que nous aurions dû nous aimer, une fête de feu et de sang
Idiot---Parce-que-nous-aurions-du-nous-aimer--Theatre-de-la-ville::
|
Idiot ! Parce que nous aurions dû nous aimer Mise en scène de Vincent Macaigne Avec Dan Artus, Servane Ducorps, Thibault Lacroix, Pauline Lorillard, Emmanuel Matte, Rodolphe Poulain, Thomas Rathier de Pascal Reneric Jusqu’au 12 octobre à 19h30 Tarifs : de 18€ à 30€ Déconseillé aux moins de 16 ans Réservation par tél : 01 52 74 22 77 Durée : 3h30 avec entracte. Théâtre de la Ville Théâtre des Amandiers à Nanterre du 5 au 14 novembre 2014. |
Jusqu’au 12 octobre 2014
Vincent Macaigne reprend sa vision du roman de Dostoïevsky déjà monté en 2009 et renouvelé avec un sens de l’urgence en prise directe avec son temps. Loin de toute adaptation classique, il puise dans ce monument de la littérature russe la base d’un requiem où il crie avec des explosifs scénographiques un mélange de rage et d’innocence. Ambiance de mélancolie tonitruante par un des plus grands de la scène française. A la fin du 19 siècle, la Russie glissait chaotiquement de l’aristocratie à la révolution. Aujourd’hui, la France, l’Europe et le monde se défont à coups de mensonges politiques et de choix économiques guerriers. La violence enchevêtrée à la bonté christique prend de nouvelles formes et Vincent Macaigne parvient à recréer le désarroi de fond en comble sans jamais recopier ni imiter. Il ausculte les éternelles noirceurs humaines à travers des résonances de lieux et d’époque, réussissant à réinterroger les sociétés et réinventer du même coup l’art théâtral. Lors de la création du spectacle en 2009, la France était conduite par Sarkozy que l’on retrouve sur le plateau par le biais d’un écran de télévision, la gouvernance de Hollande est maintenant ajoutée et les déconvenues nouvelles se superposent dans un tournis dévastateur et hautement maîtrisé en quatre heures d’un manifeste qui relève d’une performance. Depuis Requiem 3 puis Hamlet au moins j’aurai laissé un beau cadavre en 2013,Vincent Macaigne a été propulsé au rang des plus grands metteurs de sa génération et avec Idiot, son éblouissante inspiration à nouveau l’impose au plus haut en transportant le public au plus haut des tumultes contemporains et des remises en question de nos sociétés, de nos actes politiques, artistiques et individuels. Emilie Darlier-Bournat [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=BSgHWANX1gs[/embedyt] [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=DRoZrn8htWs[/embedyt]
|
Articles liés

Ce week-end à Paris… du 16 au 17 mai
Art, spectacle vivant, cinéma, musique, ce week-end sera placé sous le signe de la culture ! Pour vous accompagner au mieux, l’équipe Artistik Rezo a sélectionné des événements à ne pas manquer ces prochains jours ! Samedi 16 mai...

“Les deux frères et les Lions” à découvrir au Théâtre de l’Œuvre
L’irrésistible ascension de deux immigrés écossais. Les Deux Frères et les Lions » est un conte qui dresse le portrait de deux frères jumeaux issus d’un milieu pauvre qui vont devenir à la fin du XXème siècle l’une des plus...

Catherine Hiegel dans “Les règles du savoir-vivre dans la société moderne”
Naître, ce n’est pas compliqué. Mourir, c’est très facile. Vivre, entre ces deux événements, ce n’est pas nécessairement impossible. Il n’est question que de suivre les règles et d’appliquer les principes pour s’en accommoder, il suffit de savoir qu’en...

Dès l’entrée dans la salle, vous recevrez des bouchons d’oreille pour ne pas avoir à vous plaindre à la fin du spectacle d’avoir reçu un surplus de décibels et si vous êtes dans les deux premiers rangs, vous disposerez d’une bâche pour éviter d’être éclaboussé par la terre, la mousse neigeuse ou le sang. Mais cire ou pas dans les tympans et plastique ou pas sur les genoux, soyez rassurés : vous recevrez un choc et vous serez aspergés au point de ne jamais l’oublier.
Autant que Dostoïevsky, Vincent Macaigne est imbibé jusqu’à l’os du chaos désespérant de son époque, tout en maintenant dans un hurlement monté du ventre l’infinie tendresse dont les hommes sont capables. Du roman russe, il garde la trame autour du prince Mychkine, homme bon et simple qui veut sauver les âmes perdues, notamment celle de Nastassia, mais que son environnement corrompu et artificiel conduit vers une douce folie. L’anniversaire de Nastassia, figure de l’innocence souillée, donne lieu à des déversements de boissons et flots de paillettes dans une atmosphère de boîte de nuit avec musique techno, tandis que Aglia qui aime le prince s’empare d’un mégaphone pour convaincre de son immense amour qui finira dans les larmes malgré sa puissance.
Tout au long de cette fièvre, la férocité des confusions idéologiques se donnent à voir à travers une bande-son écrasante, des seaux de peinture déversés sur le plateau et un humour d’enfant génial acoquiné à la perte d’idéalisme. Mais c’est aussi la rageuse volonté des êtres qui ne renoncent pas qui se donne à entendre, et les comédiens rassemblés ici font preuve d’une extraordinaire et époustouflante démesure, d’une capacité de jeu corporel et vocal hors pair.





