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Isabeau de R.

6 août 2009
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Rien ne prédestinait Isabeau de R. à une carrière de one-woman-show et pourtant, déjà au bureau elle se plaisait à faire le pitre pour amuser ses collègues. Elle se souvient d’une bonne ambiance, rien à voir avec l’image d’ennui mortel qu’on pouvait imaginer. « Au contraire, on peut dire qu’il y avait vraiment des gens très drôles et moi-même je faisais souvent des imitations pour les autres ». Mais Isabeau rêve d’autre chose et en 1997 suite à un entretien à Londres qui doit lui ouvrir les portes d’un géant américain, elle se met à réfléchir et à envisager un autre avenir que celui tout tracé qui s’offre à elle. Des idées de sketchs lui trottent déjà dans la tête…

Isabeau décide alors de travailler à 80% pour consacrer le temps restant à l’écriture de ce qui deviendra son premier spectacle Tenue correcte exigée. Elle se produit sur scène trois mois plus tard au théâtre le Bout de Paris devant 50 personnes, la plupart n’étant que des amis et le spectacle s’avère être un petit bijou de finesse et de drôlerie. Le théâtre lui propose dans la foulée trois dates, puis, le succès étant au rendez-vous, la blondinette s’en va au Blanc Manteau. Au bout de 9 mois, sa décision est prise, 2003 signera l’arrêt de sa carrière dans la finance et le début d’une nouvelle vie sur les planches. « Pour moi il s’agissait d’une évidence » analyse-t-elle doctement puis poursuivant « je souhaitais vendre quelque chose que je créais moi-même, pour changer. Sur scène, quand ça ne marche pas, la sanction tombe, on est face à son public et on ne peut se cacher derrière personne ». Néanmoins, Isabeau ne se laisse pas griser par le succès, elle reprend immédiatement  l’écriture de nouveaux sketchs pour transformer son spectacle en Tenue correcte toujours exigée.
Même si ses amis et sa famille (hormis son père qui reste sceptique) la félicite, elle garde la tête froide. Elle repart en 2009/2010 sur les routes pour faire ce que finalement elle sait faire de mieux, faire rire son public.

L’expérience d’Isabeau est son point fort pour écrire ses sketchs puisque chaque situation est inspirée de sa vie, que ce soit la workholic qui ne vit que pour son travail, l’avion avec ses différentes classes et donc ses différentes hôtesses, la standardiste un peu vulgaire ou encore les mecs vus par trois femmes assez opposées, etc, etc.

A côté de son travail Isabeau cultive une passion pour le parachutisme qu’elle assimile à la scène. « La première fois, on saute en apnée et le trac l’emporte, puis, la seconde fois on sait à quoi s’attendre et on se détend un peu. Enfin, au troisième essai on s’est habitué et on ne craint plus la mauvaise surprise ». Quelques mots qui résument assez bien la personnalité de cette artiste qui n’a pas froid aux yeux !

Le premier évènement artistiquement marquant de votre vie…
Il y a 20 ans, le one-woman-show de la comédienne argentine Marylon Mareni.

Vous sentez-vous proches de vos maîtres ?

Je vous une admiration sans borne pour Pierre Desproges qui est un vrai ovni, il est juste ahurissant !

Existe-t-il un espace qui vous inspire ?
Dans le métro et le train en tournée, j’ai beaucoup de temps devant moi alors c’est là que je réfléchis à mes sketchs.

Quelle place tient la fuite du temps dans votre vie ?
Une énorme place, je veux me dépêcher car le temps passe très (trop) vite.

Quelle est votre idée de la consécration artistique ?
Une salle pleine avec des gens qui rient fort.

 

Propos recueillis par Morgane Guimier.

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