Ithaque engloutie par l’Odyssée moderne
©Elizabeth Carecchio
A l’Odéon, la Brésilienne Christiane Jatahy dépouille l’Odyssée de ses mythes ancestraux pour parler de l’exil et des conflits contemporains. En français et en portugais, le spectacle se joue sur un plateau submergé d’eau.
Un temps ou rien ne se passe

©Elizabeth Carecchio
Autant prévenir d’emblée, c’est à une expérience particulière à laquelle on assiste en pénétrant dans la salle des Ateliers Berthier de l’Odéon. On est prié de prendre place et d’attendre sagement la première mi-temps, c’est à dire d’assister aux ébats, ou à l’attente, de Pénélope ou de Calypso, l’une désespérée et inconsolable, l’autre séduisante et croqueuse d’hommes, selon qu’on est placé d’un côté ou de l’autre de la scène bi-frontale. Au milieu, le filet, c’est à dire un superbe rideau de fils d’or évoque les silhouettes de l’autre rive, dont le héros, Ulysse, est le grand absent. Des cacahuètes, des verres vides, des carafes d’eau, des fauteuils clubs qui ont bien vieilli évoquent une fin de soirée bien arrosée, et les comédiens alanguis proposent même aux spectateurs des arachides et des chips. On fait la fête ? Ou on la digère, sans qu’il ne se passe grand chose d’intéressant sur le plateau. Pourquoi est-on là, au fait ? Ah oui, les comédiens français expriment soudain des témoignages de migrants arrivés sur le sol européen, avec leur lot de souffrances.
Un immense aquarium

©Elizabeth Carecchio
Passé le changement d’espace – lors de la première quelques spectateurs récalcitrants ont refusé de se lever- on migre de l’autre côté, avec obligation de s’assoir à la même place. C’est sans doute là que l’intérêt esthétique du spectacle s’affirme avec l’utilisation de la vidéo sur le plateau dans des lumière dorées, les gros plans des visages des comédiens qui sont submergés par l’eau qui inonde le plateau progressivement, métaphore des naufrages de migrants, dérive politicienne du pouvoir au Brésil, englué dans des affaires de corruption. Les images sont très belles, le savoir-faire est évident, mais quant au sens du spectacle, sa profondeur et son lien avec Homère, on les cherche toujours. Un regard personnel, subjectif sur les conflits qui nous entourent ? A chacun de découvrir alors si l’eau qui submerge Ithaque possède la force d’un torrent subliminal, ou si c’est juste une image.
Hélène Kuttner
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