Jan Martens: Sauter jusqu’à la vie
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The Dog Days are Over De Jan Martens Avec Piet Defrancq, Steven Michel, Julien Josse, Nelle Hens, Laura Vanborm, Cherish Menzo, Kimmy Ligtvoet, Naomi Gibson et/ou Ilse Ghekiere et Victor Dumont Du 26 au 30 janvier 2016 Tarifs : de 16€ à 26€ Réservation 01.42.74.22.77 Théâtre des Abbesses |
Du 26 au 30 janvier 2016 Au Théâtre des Abbesses, The Dog Days are Over : Mais pour qui? Plutôt pour le public que pour les athlètes chorégraphiques sur le plateau! Jan Martens offre l’une des expériences les plus radicales jamais imaginées en danse contemporaine. Dans une exigence impitoyable vis-à-vis de ses interprètes, le jeune Flamand nous amène ailleurs, au-delà de la danse.
Dog Days pourrait se traduire par temps de chien, élargi à la condition générale de l’être, soumis à une machine implacable, comme les danseurs de The Dog Days are Over, tout en produisant une troublante et terrible beauté. Le titre ne peut donc qu’être ironique, puisque les interprètes s’épuisent sur scène à la manière d’athlètes en train de repousser leurs limites physiques, toujours plus loin, en termes d’endurance, de résistance à la souffrance, de précision peut-être… [embedyt] https://www.youtube.com/watch?v=OJihEYscrKw [/embedyt] Mais Dog Days, c’est avant tout la canicule, et les interprètes versent des litres de sueur. La danse est mise à l’épreuve, au début carrément sans bande son. On saute comme on respire, de façon mécanique, jusqu’à ne plus en être conscient. Tous sur le même mode, et pourtant chacun à sa façon. Thomas Hahn [ Photos : © Piet Goethals] |
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Cela saute aux yeux, Jan Martens, jeune chorégraphe flamand, présente un cas de « radicalisation » chorégraphique qui est dans l’air du temps. Poussant la danse jusque dans ses derniers retranchements, il impose une rigueur formelle et un minimalisme qui mettent en valeur les différences infimes et ultimes entre les interprètes, faisant ressurgir l’individualité dans des nuances qui se dévoilent progressivement.
Combien de façons différentes de sauter? Aussi simple soit-il, le bond vertical peut se décliner à l’infini. L’intensité, la rapidité, l’impulsion etc. peuvent varier fortement et offrir à elles seules à un groupe des possibilités d’orchestrer une sorte de ballet bondissant. Mais les nuances vont ici jusque dans les positions des pieds ou des bras, se recoupant avec des variations d’alignement ou de constellations en groupe, sur des gestes inspirés de disciplines sportives, de fitness ou de danses, si ce n’est un soupçon de discipline militaire qui plane sur ses « jours de chien ».
Face à un tel exercice, le spectateur devient un sportif du regard et de l’attention. Son état peut s’approcher de la contemplation comme acte métaphysique, voire de la transe. Mais on affronte aussi ses propres tentations de voyeur. C’est donc une véritable expérience que Martens nous propose. Notre liberté y est proportionnelle aux contraintes imposées aux danseurs. Au bout de l’épuisement, la dimension humaine ressurgit derrière la discipline absolue, nécessaire à une telle performance.





