0 Shares 875 Views

Josette Baïz meets Ohad Naharin : de la danse pour tous les âges à Chaillot

Thomas Hahn 1 octobre 2019
875 Vues

Kamuyot d'Ohad Naharin par la Cie Grenade - répétitions © Cécile Martini

Ohad Naharin, l’inventeur du mouvement Gaga, a créé une pièce singulièrement joyeuse et loufoque, pour toutes les générations. Il en offre le génie et l’énergie à la Compagnie Grenade, un ensemble de jeunes professionnels, qui dansent avec panache et excellence. Kamuyot est une fête où se tissent même de furtives amitiés entre danseurs et spectateurs.

Josette Baïz, ancienne interprète des pièces sources du mythique Jean-Claude Gallotta, a fondé une école de danse et une compagnie, toutes deux appelées Grenade. Ce qui est aujourd’hui un label dans le paysage de la danse, un gage de joie, d’énergie et d’excellence et de jeunesse. Au passage, Baïz a inventé une nouvelle formule pour la danse contemporaine, à savoir des programmes qui enchaînent des extraits ou de petites créations, offerts par les plus grands chorégraphes actuels.

Kamuyot d’Ohad Naharin par la Cie Grenade – répétitions © Cécile Martini

Ces programmes-là sont aujourd’hui accueillis avec enthousiasme dans les salles les plus prestigieuses et tournent partout, même à l’international. Et si les danseurs sont jeunes – il s’agit du Groupe Grenade –, ils récoltent l’enthousiasme du public et des professionnels par leur fraîcheur et leur excellence technique. En parallèle, Baïz créait ses propres chorégraphies, pour les interprètes de la Compagnie Grenade, et parfois aussi pour le grand ensemble des jeunes du Groupe Grenade.

Confluences

Aujourd’hui, les deux approches se fondent en un seul spectacle. Avec Kamuyot, les professionnels adultes de la Compagnie Grenade suivent – à un certain degré – le modèle de leurs cadets. Au lieu de créer, de toutes pièces, une nouvelle pièce, Josette Baïz s’est rendue à Tel-Aviv où elle a pu rencontrer Ohad Naharin. Et la vedette israélienne lui a permis de s’approprier, avec ses danseurs, cette œuvre de la Batsheva. Naharin avait pensé Kamuyot – spectacle composé à partir de deux de ses créations précédentes – comme un cadeau à un public de tout âge désirant vivre un moment d’énergie vitale intense.

Car Kamuyot ne ressemble guère à d’autres spectacles de danse contemporaine – sauf à Mamootot, l’une des pièces de Naharin qui ont inspiré cette création, à l’origine faite pour le Young Ensemble de la Batsheva. L’accent est mis sur le contact direct entre le public et les interprètes. Tous partagent le même espace et la danse se déploie dans un carré, entouré des spectateurs. Le rythme ne saurait être plus intense, et l’énergie passe sans crier gare. Ici, les danseurs partagent les bancs avec nous, ils nous regardent, nous parlent et parfois ils peuvent même nous toucher.

Kamuyot d’Ohad Naharin par la Cie Grenade – répétitions © Cécile Martini

Rythmes, fête et rencontres

Les musiques agitent le bocal, du début à la fin. Lou Reed, reggae, pop japonaise, airs rendus populaires par des séries TV cultes et autres tubes : tout contribue à faire de Kamuyot une fête partagée. Certains songs affichent des messages volontairement entraînant car ici pris au pied de la lettre : “We’re Gonna Have a Real Good Time Together” ou “Do you wanna dance”, et les plus jeunes d’entre les spectateurs profitent souvent de l’invitation implicite, envahissant l’aire de danse à la fin du spectacle, pour expérimenter les mouvements loufoques qu’ils ont pu contempler pendant cinquante minutes.

Car Ohad Naharin, on le sait, est l’inventeur de cette fameuse technique Gaga qui permet au corps – et de fait à tous les corps de tous les âges – de bouger avec une liberté insoupçonnée. Gaga est pour tous, c’est une boîte à outils où chacun se sert à sa guise, en dansant ou dans son quotidien. Pour un danseur professionnel, Gaga est alors un tremplin qui permet de dépasser les limites supposées du corps. C’est vrai pour le Young Ensemble de la Batsheva dont la virtuosité presque surréelle a tant impressionné à la création de Kamuyot, en 2003 et en 2014, quand la pièce fut remontée par Naharin. Aujourd’hui, elle inspire les corps et les esprits des danseurs de Grenade qui ont autant de verve, de fougue et d’excellence à offrir.

Thomas Hahn

Articles liés

Julien Belliard sort son nouveau single « Cette fenêtre »
Agenda
62 vues

Julien Belliard sort son nouveau single « Cette fenêtre »

Après deux albums signés sous le patronyme de ZO, Julien Belliard dévoilera un troisième opus écrit cette fois en son nom. Après avoir levé les voiles avec un premier single intitulé “Le Mirage”, le chanteur parisien ouvre la mi-décembre avec “Cette fenêtre”. À...

Ce week-end à Paris… du 13 au 15 décembre
Art
227 vues

Ce week-end à Paris… du 13 au 15 décembre

Oublier les grèves et la pluie le temps d’un week-end ? C’est possible ! De plus le Père Noël est bientôt de passage dans nos cheminées et nous voulons ce mois de décembre léger mais aussi culturel. L’équipe Artistik...

Aaahh Bibi, l’étourdissant clown-mime show de Julien Cottereau
Spectacle
262 vues

Aaahh Bibi, l’étourdissant clown-mime show de Julien Cottereau

Treize ans après la création de son premier seul en scène Imagine-toi, couronné de nombreux prix et joué pas moins de 1 300 fois en France et à l’international, Julien Cottereau est toujours ce pierrot lunaire qui regarde le...