La Commission des destins : deux nouveaux talents à découvrir !
© Philippe Escalier
Marc Tourneboeuf et Martin Campestre, deux bêtes de scène, jouent dans un spectacle construit essentiellement à base de jeux de mots, d’allitérations, ponctués de quelques alexandrins et de joyeuses facéties. Le tout avec une énergie débordante et un humour dévastateur capable de tenir l’auditoire en haleine de bout en bout.
Pour une surprise, c’est une surprise ! Voici deux (très) jeunes comédiens sortis du Cours Florent ayant décidé de monter leur propre spectacle. Leur fonds de commerce est le jeu de mots et le calembour. En évitant tous les pièges du genre (facilité, vulgarité), Marc Tourneboeuf et Martin Campestre réussissent le tour de force d’éblouir. Mieux, ils se montrent capables d’alterner les styles, passant du texte au chant et à la danse, à travers la scène et la vidéo. Tout en gardant leur personnalité (forte et affirmée), les deux artistes nous font penser au meilleur de quelques-uns de nos plus grands comiques. Bref, on se demande ce que ces deux saltimbanques classieux pourraient ne pas savoir faire ?

© Philippe Escalier
La seule finesse du texte de Marc Tourneboeuf (auteur prometteur !) qui se hisse au niveau des grands maîtres du genre (Raymond Devos, Vincent Rocca ou Stéphane De Groodt) mérite notre visite. Nous voici, dès les premières secondes, emportés dans un maelstrom verbal. Visiblement, le spectateur se délecte sans interruption, les deux artistes ayant su nous éviter de passer des jeux de mots aux maux de tête. On reste ébahi par la forme très élaborée de La Commission des destins qui nous permet d’être surpris à chaque instant, nous ne sommes pas dans un alignement de sketchs mais bien dans une histoire brillamment imaginée et élaborée. Si l’on excepte quelques très courtes baisses d’intensité (bien normales vu le rythme et le niveau atteints dès le départ), c’est bien un petit bijou que Marc Tourneboeuf et Martin Campestre nous proposent. Embarqué dans leur virevoltante aventure débouchant sur la question très sartrienne “est-on libre ou conditionné ?” posée avec le sérieux et surtout la légèreté qui conviennent ici, l’auditoire jubile. On sort du théâtre heureux et rafraîchi, bien décidé à suivre les prochaines aventures artistiques de ces deux jeunes comédiens au talent protéiforme.

© Philippe Escalier
Philippe Escalier
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