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“Le Chat du Rabbin” : un conte merveilleux adapté en musique par les Frivolités parisiennes

Hélène Kuttner 15 septembre 2022
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© Frivolités parisiennes

Un chat peut-il faire sa Bar-mitsva ? Peut-il tomber amoureux de sa maîtresse, surtout quand elle se nomme Zlabya, dont le nom désigne une délicieuse confiserie orientale au miel ? Vous l’aurez reconnu, ce Chat philosophe et coquin est celui du Rabbin, la célèbre bande dessinée de Joann Sfar, devenue ensuite un film et maintenant un spectacle musical brillant proposé par le jeune orchestre des Frivolités parisiennes. Une création à découvrir très vite, pour tous publics, au Théâtre de lŒuvre.

Un conte éblouissant

© Frivolités parisiennes

Le Chat du rabbin est l’histoire d’un chat qui refuse la place qu’on lui impose. Nous sommes au début du XXe siècle en Algérie, et malgré le peu d’attention que portent les Juifs aux animaux domestiques, un rabbin vénérable et sa fille l’ont adopté. Mais voilà que ce chat transgresse l’ordre établi, dévore le perroquet et prend lui-même la parole pour intervenir dans les conversations de ses maîtres. Il s’interroge et contredit son maître à propos des dogmes et de la loi biblique, il râle quand sa maîtresse chérie lui échappe pour convoler avec son amoureux, au point que le rabbin cherche à les séparer, furieux de voir que son animal de compagnie cherche à copier les humains, à s’instruire religieusement et à donner son avis sur tout. Le chat, c’est notre regard sur le monde, notre part d’enfance et de questionnement sur les conflits, les interrogations et les mystères de nos modes de vie et d’être ensemble.

Un opéra judéo-arabe

© Frivolités parisiennes

S’emparant de l’œuvre formidable de Joann Sfar, Pascal Neyron l’a adaptée et mis en scène avec la collaboration du compositeur Matthieu Michard et l’auteur-compositeur Oldelaf pour les lyrics. Le résultat est un opéra joyeux et tendre, délicatement poétique, avec un orchestre de douze excellents musiciens qui oscillent subtilement entre des harmonies orientales, jazz, de la musique arabe-andalouse, des mélopées juives -oud, bassons, percussions, violons, flûtes, etc- autant de couleurs et de rythmiques qui façonnent, modulent notre voyage initiatique en pays de tolérance. Entre la médina algérienne et les faubourgs animés de Paris la nuit, les personnages de ce conte vont évoluer, changer, se transformer, comme les décors mouvants des incrustations vidéos de Nathalie Cabrol. Jean-Michel Fournereau compose un émouvant rabbin, majestueux et modeste à la fois, vibrant d’humanité, aux côtés de Richard Delestre, métamorphosé dans le rôle du Chat, tendre et rusé, d’une souplesse élastique et d’une intelligence foudroyante. Zlabya, la femme tant désirée, est incarnée par une toute jeune artiste, Neima Naouri, à la voix voluptueuse et à la beauté sensuelle, tandis que son fiancé est joué par Sinan Bertrand, parfait dans tous les autres rôles également. Un spectacle brillamment réussi et dont la fable lucide parvient à balayer toutes nos certitudes.

Hélène Kuttner

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