Le Corbeau et le pouvoir – Le Lucernaire
La fête est à son apogée : Jean de la Fontaine vient de publier ses « Fables ». Racine, qui s’apprête à achever la seule comédie de son répertoire Les Plaideurs ne tient plus debout. Molière prépare L’Avare. Débarque un éditeur qui s’avère être Colbert, le terrible contrôleur des finances du Roi Soleil. Ce dernier tente d’amadouer l’auteur des Fables dont la teneur ne plaît guère à la cour.
Une double volonté semble habiter l’auteur de ce spectacle : pérenniser trois légendes des lettres et les intégrer dans un texte qui résonne de modernité. La tâche est ardue et pas franchement assumée. Le texte de Jacques Forgeas, sans être désagréable ni mal écrit, manque de ce souffle, de cette syntaxe colorée du 17ème siècle, de ces formules assassines qui faisaient tout le suc des dialogues de « Que la fête commence » de Bertrand Tavernier qui lui aussi jouait — mais avec quel brio- sur cette parabole du pouvoir.
Ce manque d’audace se retrouve également dans une mise en scène sans aspérité, terriblement plan-plan et où les comédiens ne rehaussent guère la morne léthargie de l’ensemble. Pas mauvais mais sans rien de transcendant dans leur jeu, ils se contentent le plus souvent d’un minimum bien syndical. Si n’étaient régulièrement évoquées leurs œuvres, ils passeraient pour de joyeux lurons de notre époque sortis d’une école de commerce ou d’une fac de lettres. Tout cela concourt à un spectacle pas vraiment ennuyeux, agréable mais tellement loin du panache qu’on aurait pu en attendre et terriblement scolaire. Dans la moyenne, mais rien de plus.
Franck Bortelle
Le Corbeau et le pouvoir
De Jacques Forgeas
Mise en scène de Sébastien Grall et Sophie Gubri
Avec Baptiste Caillaud, Clovis Fouin, Bartholomew Boutellis et Samuel Cahu
Du 4 septembre au 4 janvier 2014
Du mardi au samedi à 18h30
Relâche exceptionnelle le 8 novembre
Durée : 1h10
Le Lucernaire
53, rue Notre-Dame-des-Champs
75006 Paris
M° Notre-Dame-des-Champs ou Vavin
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