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    Les Nombrils : des tranches de vie pimentées

    7 juillet 2014
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    Les Nombrils

    De et mise en scène par Didier Caron

    Avec Isabelle Ferron, Philippe Gruz, Bruno Paviot, Jane Resmond, François Raison, Christophe Rouzaud

    Du 10 juin au 6 septembre 2014
    Du mardi au samedi à 21h
    Le samedi à 17h30

    Cat. 1 : 32 €
    Cat. 2 : 24 €
    Tarif réduit -26 ans : 10 € (du mardi au jeudi, en fonction des places disponibles, sous réserve de présentation d’une pièce d’identité)

    Réservations en ligne ou au 01 42 65 35 02

    Théâtre Michel
    38, rue des Mathurins
    75008 Paris
    M° Havre-Caumartin

    www.lesnombrils-lapiece.fr 

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    La nouvelle comédie de Didier Caron au Théâtre Michel à Paris met cruellement à nu le nombril des comédiens : égo démesuré, angoisses existentielles, soif de reconnaissance et névroses diverses… Une satire rocambolesque mais juste du monde théâtral qui est à mourir de rire.

    Pour qui n’a pas vécu de tournées en compagnie d’une troupe de comédiens, ce spectacle est pour vous. Et pour les autres aussi. Quatre acteurs de la “Compagnie de la Lune Pleureuse” se retrouvent avec leur metteur en scène dans des hôtels de troisième zone à Bruxelles, Metz ou Ajaccio pour la tournée de leur pièce “Les Plaines de Kiev”. Il y a là une ancienne vedette qui vit sa vie par procuration dans le souvenir brumeux d’une gloire passée (Isabelle Ferron) mais dont on se souvient surtout dans la publicité pour une farine qui gonfle. De la même génération mais encore plus ringard, le deuxième acteur enquille les références aux séries télé des années 70 (Christophe Rouzaud) en croyant séduire une jeune ingénue (Jane Resmond) qui n’a pas inventé le fil à couper le beurre. Quatrième larron de l’histoire, un quadra fils à sa maman (Bruno Paviot) qui joue de l’hystérie à chaque seconde pour mieux s’imprégner de son personnage. Il faut avouer que la pièce en question est totalement ridicule mais que les artistes, eux, y croient dur comme fer. Ils y sont encouragés par un sémillant metteur en scène qui se prend pour Jean Vilar (François Raison), austère et précieux à la fois, mais qui n’a pas un sou pour la production. Cela conduit à des scènes au ridicule achevé, nourri à son paroxysme par l’insécurité de la vie d’artiste. Drôle et généreux, caricatural et juste à la fois. Les hôteliers sont tous joués par le même comédien, Philippe Gruz, hallucinant de talent, habile à se métamorphoser en mafioso corse, en bienfaitrice alsacienne ou en reporter belge. Le décor est léger et mobile, il glisse comme par magie et les situations s’enchaînent en nous faisant voyager à travers toute la France. À l’heure où le statut des intermittents se retrouve débattu par les instances gouvernementales, ces tranches de vie artistique et personnelle, délicieusement pimentées et parfaitement interprétées, nous ramènent à l’essentiel de la comédie : faire rire et émouvoir.

    Hélène Kuttner

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