Mandela prince de l’Afrique au Lucernaire
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Mandela Afrika De Jean-Jacques Abel Greneau Mise en scène de Katy Grandi Avec Modeste Nzapassara, Patricia Varnay et Jean-Jacques Abel Jusqu’au 27 août 2016 Du mardi au samedi à 21h Tarifs : de 11 à 26 euros Réservation en ligne ou au 01 45 44 57 34 Durée : 1h10 Le Lucernaire |
Il faut énormément de finesse, de profondeur et de connaissances historiques pour raconter la vie de Madiba, de son vrai nom Rholihlahla « celui qui pose des problèmes » en langage Xhosa, et qui fut rebaptisé Nelson le jour de son entrée à l’école primaire. Le comédien et auteur Jean-Jacques Abel Greneau s’est plongé dans cette histoire dont le héros, Mandela, est magnifiquement interprété par Modeste Nzapassara. Dans des lumières crépusculaires, histoire, révolte et poésie se conjuguent pour chanter cet hymne à la liberté.
Mandela, étudiant en droit puis adepte, dans le sillage de Gandhi, de la lutte non violente contre les institutions, a beaucoup pensé et beaucoup écrit, surtout durant ses longues années en prison. L’incarnation saisissante de Modeste Nzapassara, d’une totale sobriété, permet de saisir la subtile intelligence du personnage et son appréhension philosophique du monde et de la société. Face à l’ancien dirigeant sud-africain Peter Botha, joué par Jean-Jacques Abel Greneau, dégaine d’Afrikaner pur jus en bottes de chasseur à courre, il redouble de respect et d’ironie cinglante face à un système de reproduction naturelle d’exclusion et d’inégalité. Dans les lumières de Fouad Souaker et la mise en scène de Katy Grandi, la pensée de Mandela, lumineuse et dialectique, cherchant à insuffler un appel d’air qui puisse remettre en question la ligne rouge qui fait des Noirs des sous-hommes, des esclaves d’une société industrialisée et policée par les Blancs, se développe par des paraboles historiques et des contes que l’on raconte aux enfants. Car c’est bien de cela dont il s’agit dans ce spectacle. Aller chercher au coeur de l’homme, recueillir l’origine d’une pensée révolutionnaire, radicale et pour le moins surprenante, capable de remettre en question des siècles de tradition raciste par le dialogue incessant avec les différentes parties au pouvoir. Modeste Nzapassara, qui joue le personnage à 15 ans comme à 80 ans, possède ce doux pouvoir de mettre les mots en images, de faire se rejoindre l’insolence de la jeunesse inconséquence et spontanée et la mûre réflexion d’un homme qui aurai dilaté sa vie durant près de trente ans de prison. Drôles, émouvants, surprenants, ces dialogues constituent un merveilleux prélude pour une plongée plus profonde dans les discours ou les écrits de Mandela et pour comprendre ce qui s’est joué en Afrique du Sud et à Soweto durant la fin du 20° siècle. Et pour éclairer tous les combats d’aujourd’hui. Hélène Kuttner [ Crédit Photos (C) Lot] |
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Je suis le capitaine de mon âme
Ce long chemin vers la liberté
Au delà de la célébration post-mortem





